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Sensibilisation aux enjeux LGBT auprès des aînés: un bilan positif

Gay Couple Holding Hands at Park Photo: Getty Images/iStockphoto

Alors qu’aura lieu mardi la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, le Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS Montréal) dresse un bilan positif de son programme d’intervention auprès des aînés, lancé il y a un an.

Dans la dernière année, des interventions ont eu lieu dans une vingtaine d’établissements, selon le président de GRIS Montréal, David Platts. Une dizaine d’autres sont prévues dans les semaines à venir. Lors de ces interventions, deux personnes homosexuelles – un homme et une femme – témoignent de leurs expériences et répondent aux questions.

M. Platts avoue que le GRIS a du mal à trouver des résidences pour aînés à visiter. Si les écoles invitent souvent le GRIS à venir organiser une discussion, les ressources pour personnes âgées ne connaissent pas nécessairement le GRIS. D’autres semblent frileux à l’idée d’organiser ce genre d’événement, ou n’en voient pas la pertinence.

«On reçoit des réponses de directeurs qui nous disent, “je pense pas qu’on en a besoin. On n’a pas d’ainés LGBT chez nous”, ou, “je ne pense pas que nous avons des résidants qui sont mal à l’aise avec ça, ce n’est pas un sujet de discussion chez nous”, déplore-t-il. Il y a définitivement du travail à faire auprès des personnes qui travaillent dans ces milieux-là.»

Bénévole au GRIS depuis 10 ans, Jocelyne Hétu est persuadée de l’importance d’aborder les enjeux LGBT avec les aînés. Elle-même s’est vue obligée de «revenir dans le placard » lorsqu’elle visitait sa mère en centre d’accueil. Cette dernière n’acceptait pas l’homosexualité de Mme Hétu, et ne voulait pas que les autres résidants le sachent, de peur qu’ils soient choqués.

«Les ainés sont très curieux et veulent partager leurs expériences. Ils connaissent tous de près ou de loin quelqu’un [d’homosexuel], mais ce sont souvent des personnes avec qui ils n’ont pas pu échanger, où ont pu poser des questions.» – David Platts, président du GRIS Montréal

Elle déplore aussi le fait qu’on assume généralement que les aînés sont hétérosexuels. «Quand ma mère est arrivée à la résidence pour personnes âgées, elle était veuve. La première question qu’on lui a demandé est : “est-ce que ça fait longtemps que votre mari est décédé?”, témoigne-t-elle. C’est toujours présumé hétérosexuel 100% du temps.»

Si elle reconnaît que les aînés sont généralement moins ouverts à l’homosexualité que les jeunes, Mme Hétu croit que les interventions du GRIS ont un effet autant bénéfique chez ces deux groupes.

«Au départ, ils pensent pas qu’on est [homosexuels], ils pensent qu’on fait ça parce que ça nous tente, parce que c’est une mode. Au fil de la discussion et des questions, on voit que ça se transforme un peu», juge-t-elle.

Elle affirme aussi que les discussions avec les aînés peuvent faire tomber certains préjugés. «Ce qui m’a surpris le plus, c’est que je pensais que tout le volet sexualité ne serait pas abordé avec les aînés, qu’ils auraient un côté un peu plus prude à cause de la religion. Mais ce n’est pas du tout le cas», assure-t-elle.

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