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Les jeunes blasés?

Les jeunes électeurs montréalais iront-ils voter aujourd’hui?

«Je ne sais pas, affirme, un peu perplexe, la présidente du Forum jeunesse de Montréal, Laurence Saint-Denis. Surtout que le taux de participation des jeunes baisse d’élection en élection.»

Un récent sondage de l’Institut Dominion me­née par la firme Inno­va­tive Research Group indi­que que le nombre de jeu­nes qui ont l’intention de vo­ter est en baisse de sept points par rapport aux der­nières élections fédéra­les. En 2006, à peine 44 % des Canadiens âgés de 18 à 24 ans se sont prévalus de leur droit de vote.

Jonathan Plamondon, le pré­sident de Force jeunes­se, s’attend de son côté à ce que le taux de participa­tion des jeunes dégringo­le. «Il n’y a rien dans la cam­pagne électorale qui nous parle de notre avenir, de notre demain, argue-t-il. Je ne pense pas que les par­tis politiques de toutes allégeances sont en mesure de faire vibrer la corde sensible des jeunes.»

Le président de la Fédé­ra­­tion étudiante universitai­­re du Québec (FEUQ), Da­­vid Paradis, abonde dans le même sens. «Ça au­rait été plus intéressant que les partis proposent des pro­­jets de société, notamment sur l’environnement, l’assurance-emploi et l’éducation postsecondaire», soutient-il.

Qui plus est, les campa­gnes électorales de dénigre­ment découragent les jeu­nes d’aller voter, selon Lau­rence Saint-Denis. «Ça aug­mente le cynisme par rapport à la politique», dit-elle.

Le fait que les médias s’at­tardent beaucoup aux po­lémiques et aux situations anecdotiques n’incite pas non plus les jeunes à se présenter aux bureaux de scrutin, ajoute la présidente du Forum jeunesse de Montréal.

Stimuler le vote des jeunes

Bien que la participation des jeunes s’annonce peu éle­vée, les initiatives se sont multipliées pour les at­tirer dans l’isoloir. Il y a eu entre autres la FEUQ qui a fait passer un examen aux partis politiques pour connaître leur position sur des enjeux qui inté­ressent les jeunes. Les réponses des partis – sauf cel­les des conservateurs, qui n’ont pas participé à l’exer­cice – ont été transmises aux étudiants pour les aider à se faire une idée.

Le site de réseautage MySpace a créé un forum de discussion sur les élections canadiennes. Les par­tis politiques étaient mê­me invités à répondre aux interrogations des jeunes.

Il y a également l’organis­me L’apathie, c’est pla­te qui a organisé à Mont­réal au début du mois le spec­tacle Un party, c’est dé­mocratique. Il donne beaucoup d’informa­tions dans son site internet sur les partis politi­ques et les élections.

Pour les prochaines élec­tions, le Forum jeunes­se de Montréal tente aus­si de s’entendre avec le di­recteur des élections pour faciliter la révision de la liste électorale. Les jeu­nes originaires des régions qui s’établissent à Montréal le temps de leurs études ont de la diffi­culté à s’inscrire sur les lis­tes électorales, selon Lau­rence Saint-Denis. «Peut-être que la révision des listes pourrait se faire à la rentrée, quand les étudiants vont chercher leur agenda», propose la présidente du Forum jeunesse de Montréal.

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