Ne rien négliger pour le débat des chefs
À deux semaines des élections et face au grand nombre d’indécis, le débat des chefs de ce soir revêt une importance toute particulière. Pour le professeur Bernard Motulsky, dont l’ouvrage Comment parler aux médias vient de paraître, la réussite des candidats dépend de trois facteurs : l’écoute, la sincérité et l’intelligence.
Décryptage des stratégies
Les citoyens attendent d’un premier ministre qu’il soit à leur écoute. C’est donc une qualité qui sera inconsciemment analysée par les téléspectateurs lors du débat, dit en substance M. Motulsky qui pense que c’est ce point en particulier que devra travailler le candidat conservateur, Stephen Harper.
«L’exemple à ne pas suivre, c’est celui du républicain John McCain, aux États-Unis, qui n’a pas regardé Barack Obama pendant tout le débat et qui s’est contenté de communiquer par monologues, sans répondre directement à son adversaire.»
Éviter le ton professoral
Pour ce qui est du candidat libéral, Stéphane Dion, les spécialistes en communication s’attarderont au ton qu’il utilise. «Il doit éviter d’être trop professoral», estime Bernard Motulsky.
L’autre aspect d’une communication réussie, c’est la sincérité. Elle est souvent associée à la confiance accordée au candidat. À ce sujet, l’expérience du chef blo-quiste Gilles Duceppe est à double tranchant, selon M. Motulsky. «M. Duceppe doit édulcorer son côté un peu roublard, qui lui vient de sa longue expérience.»
Quant à Jack Layton (NPD) et Elizabeth May (Verts), c’est du côté de l’intelligence qu’ils devront travailler. Non pas qu’ils manquent d’intelligence au sens étymologique du terme, explique M. Motulsky, mais ils doivent surtout montrer qu’ils ont la carrure d’un premier ministre.