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Le Québec devra se faire entendre au Sommet de Copenhague

Le Sommet de l’ONU sur le climat s’ouvre lundi, à Copenhague. Pour le Québec, cette importante rencontre internationale, qui doit mener à la signature d’une entente pour l’ère post-Kyoto, représente un défi de taille. Jean Charest co-présidera, le 15 décembre, le Sommet des leaders, qui réunira une cinquantaine de chefs des états fédérés du globe. Le premier ministre québécois aura notamment le mandat de rappeler aux dirigeants de la planète que, selon l’ONU, 80 % du travail de réduction des gaz à effet de serre (GES) relève de ces états.

Cette rencontre pourrait revêtir une importance capitale pour la Belle Province, qui devra tenter de faire reconnaître ses efforts par Ottawa avant qu’ils ne profitent aux provinces moins proactives dans la lutte contre les changements climatiques.Selon Le Devoir, les cibles ambitieuses de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec – qui prévoient une réduction de 20 % des GES d’ici 2020 – pourraient permettre au premier ministre Stephen Harper d’atteindre son objectif, beaucoup plus conservateur (- 3 %), sans avoir à demander à l’Alberta de diminuer ses émissions. «Il existe un réel danger que le temps, l’argent et l’effort du Québec servent à compenser la plus grande pollueuse en Amérique du Nord, l’Alberta, a indiqué le député du NPD dans Outremont et ancien ministre de l’Environnement du Québec, Thomas Mulcair. Ça serait ahurissant comme résultat, mais le risque existe.»

Comment se protéger?

Le gouvernement du Qué­bec pourrait avoir de la difficulté à assurer que ses acquis dans la lutte contre les changements climatiques ne servent que sa province. «Il n’y a au­cune protection possible pour le Qué­bec, a estimé Thomas Mul­cair. C’est une question de moralité pu­bli­que.»

Aux yeux de Karel May­rand, directeur général de la Fondation David Suzuki au Québec, seul un changement de politique du gouvernement Harper pourrait assurer le salut de la province. «Le gouvernement Har­per a établi son camp du côté de l’Alberta, a-t-il illustré. À moins que le gouvernement chan­ge de politique, ou que le Québec, le Manitoba, l’On­tario et la Colombie-Britannique fassent front commun, je ne vois pas comment la province pourrait tirer son épingle du jeu.» Hugo Séguin, coordonnateur aux choix collectifs chez Équiterre et président du Réseau action climat Canada, plaide aussi pour un changement de cap. «Jean Cha­rest doit, politiquement, monter le volu­me face au gouvernement fédéral, a-t-il précisé. Il faut qu’il fasse valoir les intérêts du Québec de façon beaucoup plus musclée.»

La ministre de l’Envi­ronne­ment, Line Beau­champ, a toutefois assuré que le Québec n’entendait pas baisser les bras. «Nous ne dévierons pas de notre route, a-t-elle af­firmé. Ce qui est discuté entre tous les pays du monde, c’est comment chacun doit faire sa part en termes de réduction des GES. Ce n’est pas vrai que les réductions de quelques-uns serviront de passe-droit aux autres.»

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