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Premier projet de gazéification des déchets au Québec

Le premier projet de gazéification des déchets in­dustriels et municipaux au Québec sera implanté à Salaberry-de-Valleyfield, à l’ouest de Montréal. Une technologie qui ne réjouit pas certains écologistes.

La gazéification est un concept dérivé de l’incinération. Toutefois, les différentes méthodes de combustion permettent, en plus de détruire des déchets, d’obtenir un gaz de synthèse qui peut ensuite servir à produire de l’énergie ou du biodiesel. Pour les industriels du secteur, c’est une révolution, pour les écologistes, c’est de l’incinération déguisée. «La première phase du projet pilote consiste à brûler différents types de matériaux, catégoriser les émissions et bien entamer la recherche scientifique pour notamment montrer que cette technologie n’est pas polluante», dé­clare Michel Joly, directeur du développement de la ville. Si les résultats sont con-cluants après 18 mois, Sala­berry-de-Valleyfield veut cons-truire un centre de tri et une usine de gazéification qui lui permettrait d’éviter d’enfouir ses déchets à 115 km de là.

Écologistes pas convaincus
Même si la ville prétend que la technologie de combustion utilisée par le fabricant (Global Clean Energy) est propre, certains groupes écologistes ne sont pas convaincus. «La gazéification, ce n’est pas forcément mauvais, mais il faut être extrêmement vigilant», selon Karl Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des dé­chets (FCQGED). Il souligne que cette méthode produit des gaz à effet de serre et consomme parfois plus d’énergie qu’elle n’en produit.  «Ce sont des projets très coûteux qui, pour être rentabilisés, risquent de drainer une partie des produits qui seraient, sinon, recyclés ou réutilisés (papier, carton, plastique) ce qui est l’inverse du développement durable», déplore M. Mé­nard. Le FCQGED demande un moratoire sur les projets de gazéification, le temps que le gou­vernement modifie sa réglementation.

À Montréal
Après avoir songé à la gazéification, Montréal optera plutôt pour la méthanisation. Il s’agit d’une technique de fermentation, sans oxygène, des déchets de table et de jardin. On obtient du méthane ainsi qu’un digestat qui peut ensuite être composté. La technique est moins coûteuse que la gazéification et moins odorante que le compostage.

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