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La sagesse d'un comique – entrevue avec Yvon Deschamps

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

À 73 ans, Yvon Deschamps n’a pas fini d’embrasser de nouvelles causes. La preuve? L’humoriste est depuis peu porte-parole de la fondation du CHUM et proclame à qui veut l’entendre que les hôpitaux ont besoin d’un petit coup de pouce, les gouvernements ne fournissant pas assez d’argent.

Le comique a préparé un nouveau monologue pour la cause, disponible sur le site internet de la Fondation et animera le spectacle-bénéfice annuel.

Mais l’illustre conteur ne compte pas, par contre, remonter sur scène avec un nouveau spectacle de son cru. Il a même confié un secret à Métro : «Ça ne m’a jamais manqué, la scène, parce que quand je ne fais pas de scène, je fais autre chose.»

Yvon Deschamps laisse donc la place à la relève. Une relève qui l’admire et qu’il regarde évoluer avec amour. Métro a discuté avec lui de ceux qui marchent dans ses pas.

Qu’est-ce que ça vous fait de voir tous les jeunes humoristes vous citer comme modèle?
Ça me fait plaisir. Quand on vieillit, ça fait plaisir de se faire dire par les plus jeunes qu’on n’est pas un vieux fatigant!

Est-ce que c’est difficile à porter comme statut?
Pas du tout, c’est très agréable. Tout le monde aime ça, être une idole!

Agissez-vous à titre de mentor avec certains humoristes?
Pas du tout, sinon que je prêche par l’exemple! C’est leur problème, d’essayer d’être aussi bon que moi! [rires]

Est-ce que c’est arrivé que certains humoristes vous appellent pour avoir des conseils?
C’est arrivé quelques fois, mais je l’ai pas pour ça. Je les envoie toujours à Pierre Légaré. C’est lui qui est le champion pour ça. C’est lui qui a travaillé avec André Sauvé. Quand un jeune est pogné, qu’il bloque avec une idée, je lui dis : «Appelle Légaré, ça va s’arranger!»

Vous nous avez fait découvrir André Sauvé. Est-ce que vous en avez d’autres comme ça à nous présenter?
Non. Lui, c’était vraiment un cas exceptionnel. En fait, c’est Judy qui l’avait vu dans un festival à Dégelis. Elle m’a appelé et elle m’a dit : «Je viens de voir un gars sur scène, on ne voit pas ça souvent, viens-t’en.» Je suis allé le voir et elle avait raison, on ne voit pas ça souvent, un humoriste comme ça.

Allez-vous voir beaucoup de spectacles d’humour?
Non, je ne vois pas beaucoup de spectacles. Je vais aux galas du Festival Juste pour rire. Je n’ai même pas encore vu le one man show de Rachid Badouri.

Qu’est-ce que vous pensez de la relève?
Je suis un amateur d’humour, alors j’aime à peu près tout ce qui se fait. C’est rare que je trouve quelque chose de vraiment mauvais. Le seul commentaire que j’aurais des fois, c’est de dire qu’un tel ou qu’une telle n’est peut-être pas à sa place en ce moment.

Pensez-vous que vous auriez eu la même carrière si vous l’aviez débutée il y a que­l­ques années?
Je ne le sais pas. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé. Peut-être que je n’aurais pas fait ça…

Qu’est-ce qui a le plus changé dans le monde de l’humour depuis vos débuts?
Ce qui a changé, c’est qu’on est tous à la même place, on est tous à Juste pour rire, et on est tous à la télévision dans des galas. Aujourd’hui, on est tous à faire du stand-up à la même place.

De quoi êtes-vous le plus fier?
La chose dont je suis le plus fier, c’est d’avoir duré si longtemps. Quand j’ai commencé, le premier journaliste à qui j’ai parlé m’a demandé comme deuxième question d’entrevue : «Qu’est-ce que tu vas faire quand ça ne marchera plus.» Je venais de commencer! On pensait pas que ça allait durer, mais ç’a duré!

www.fondationduchum.com

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