Le commandant Piché: «Je veux tourner la page»
Robert Piché et Michel Côté se rencontrent pour la première fois au cÅ“ur de la décennie 2000 à l’émission Deux filles le matin. En coulisse, le tandem discute du projet de minisérie sur la vie du célèbre commandant. «Si jamais vous faites un film, j’aimerais ben ça jouer ton rôle», lance l’acteur au pilote. Cette déclaration ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, puisque, lorsque la trajectoire du vol 236 bifurque vers le grand écran, Robert Piché a une belle surprise pour l’équipe de production…
Le film ne se contente pas de montrer votre acte d’héroïsme. Il raconte aussi votre descente aux enfers. À la projection, y a-t-il des scènes plus difficiles à regarder que d’autres?
Quand j’ai vu les scènes de prison se dérouler sous mes yeux, ça m’a montré la profondeur des émotions que j’ai vécues pendant tout ce temps-là. Quand tu es en mode survie, tu ne te rends pas compte de tout ça. Et quand tu sors de prison, t’es tellement content de retrouver ta liberté que tu ne prends pas le temps de t’asseoir et de penser à ce que tu as traversé. Comment j’ai fait pour survivre à tout ça? Je ne sais pas.
Pendant le tournage, avez-vous par moment regrettés d’avoir accepté qu’on fasse un film sur votre vie?
Oui. Les deux premières semaines, je me réveillais en sursaut en plein milieu de la nuit
et j’étais incapable de me rendormir. Assister au tournage… ça brassait des affaires dans mon subconscient que j’avais réussi à oublier. C’est comme si j’avais réveillé quelque chose en moi.
Aviez-vous votre mot à dire sur le plateau de tournage?
Au début, je ne savais pas trop quoi faire. Je me disais : «Est-ce qu’il faut que je m’impose, que je guide le réalisateur, que je conseille Michel?» Après quelques jours, j’ai pris mes aises.
Le long métrage de Sylvain Archambault montre-t-il une version romancée de la vérité?
La base de chaque scène est véridique. Je n’ai jamais eu à dire à Sylvain : «Ce n’est pas pantoute de même que ça s’est passé!» Au contraire. Des fois, je leur disais : «Tu n’en mets pas assez!»
Comme le titre l’indique, Piché : entre ciel et terre ne vous montre pas seulement sous votre plus beau jour. Il s’agit d’une mise à nu…
ll y a un message qu’on peut passer aux gens. J’ai connu l’enfer : l’alcool, la prison, etc. Tu peux toujours te réhabiliter si tu décides de te prendre en main. J’aurais trouvé ça bête de faire un film sur un acte héroïque.
Comment envisagez-vous la vie après la sortie du film?
J’espère que ça va me permettre de tourner la page. Je n’ai pas peur. C’est ce que je cherche. Je veux revenir à ma petite vie tranquille. C’est sûr que je vais me faire reconnaître deux fois plus qu’avant, mais je ne suis quand même pas pour vivre comme un ermite et aller me cacher au fond d’un bois juste parce qu’on me reconnaît de temps en temps au dépanneur!