Idées pour faire émerger la scène indépendante
Pendant deux jours, plusieurs artisans de la scène émergente, artistes, propriétaires de salles, programmateurs, ont débattu de l’état de ladite scène dans le cadre du Forum des musiques émergentes et indépendantes du Québec. Constat?
Cinq discussions étaient proposées durant ce forum qui s’est tenu dans l’enceinte du MAI, sur Jeanne-Mance. L’événement était présenté par le GAMIQ (Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec), en collaboration avec la SPACQ (Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec). Les participants étaient invités à s’exprimer librement sur, par exemple, la différence entre être rémunéré pour un travail et le faire gratuitement pour obtenir de la visibilité. La question des programmes de subventions (adaptés aux besoins ou pas?), a aussi été abordée.
Mercredi, au cours de l’échange portant sur la diffusion scénique, un obstacle majeur à surmonter a été ciblé. À savoir : «Comment pousser les publics plus jeunes, habitués à s’intoxiquer aux Lady Gaga de ce monde, à s’intéresser aux artistes indépendants locaux?» Parmi les intervenants, le programmateur Yanick Capuano a rappelé que, à la base, le réseau de diffusion Scène 1425 avait justement été pensé pour s’adresser aux 14-25 ans… mais que ces derniers n’ont pas forcément été ceux qui ont répondu à l’appel des spectacles proposés. «On s’est rendu compte que notre public, c’est plus les 25-35 ans», a-t-il dit.
Parmi les autres points soulevés durant cet échange, il y a eu la difficulté qu’ont les salles à obtenir un permis «all age». Sur la lancée, l’animatrice des discussions, Élodie Gagnon, a quant à elle souhaité savoir si on propose la bonne musique aux publics plus jeunes, ce qui a été accueilli par un «hmmmouainnonpeutêtre… pas?»
Enfin, lors du bilan dressé en fin de journée, Sébastien Charest a souligné que, pour ce qui est de la question des outils numériques, également abordée durant le Forum, «il n’y a pas vraiment – du moins pour les gens dans la salle – de besoin pour créer une nouvelle plateforme pour la musique québécoise». Celui qui est directeur des opérations à la SPACQ et directeur du scrutin au GAMIQ rappelait aussi qu’«une chose super intéressante» était ressortie des discussions, à savoir l’importance et l’impact que peuvent avoir sur la musique émergente les tastemakers, ou «faiseurs de goûts». Vous savez, ces personnalités connues, Guy A. Lepage ou Véronique Cloutier, pour ne pas les nommer, qui, en twittant simplement «Heille, ce disque-là, c’est bon», poussent des milliers de personnes à dire qu’elles trouvent ça bon, elles aussi.
L’ensemble des recommandations sera bientôt mis en ligne et envoyé aux associations, dont l’ADISQ, Rideau, la Guilde des musiciens, «tous ceux qui ont de l’émergence dans leur mandat». «Grâce à nous tous, on permettra à ce Forum d’avoir une portée», a conclu Sébastien Charest.