Culture
16:03 13 avril 2021 | mise à jour le: 13 avril 2021 à 17:06 temps de lecture: 4 minutes

Théâtre Denise-Pelletier: le rideau se lèvera malgré les restrictions

Théâtre Denise-Pelletier: le rideau se lèvera malgré les restrictions
Photo: Gracieuseté/Marie-Andrée LemireCatherine Allard incarne Pauline Julien dans la pièce Je cherche une maison qui vous ressemble

Malgré les nouvelles restrictions annoncées par le gouvernement Legault, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) rouvrira ses portes le 22 avril. Il présentera la pièce Je cherche une maison qui vous ressemble, créée en 2018, inspirée de la vie de Pauline Julien et Gérald Godin.

La pièce était attendue pour la fin mars, mais elle avait été retardée afin de s’ajuster aux consignes sanitaires.

Le théâtre avait dû résoudre un premier casse-tête logistique lorsqu’une nouvelle restriction annoncée le 6 avril a fait passer de 1,5 à 2 mètres la distanciation exigée dans les théâtres, les salles de spectacle et les cinémas. La salle de 800 places pourra donc recevoir entre 130 et 150 personnes par représentation, au lieu des 200 spectateurs prévus avant ce changement.

Cette nouvelle restriction a alors entraîné un arrêt des ventes de billets le temps de s’ajuster à cette contrainte.

Puis, deux jours plus tard, le gouvernement a ramené le couvre-feu à 20h pour la région de Montréal afin de prévenir une hausse plus importante des cas de Covid-19.

Après s’être concerté avec les différents membres de l’équipe, le TDP a décidé de devancer à 17h30 les représentations prévues à 19h.

«Les représentations de Je cherche une maison qui vous ressemble seront bénéfiques pour notre santé mentale et physique, a déclaré le directeur artistique du TDP, Claude Poissant. Ce sera un baume pour l’âme.»

Avec la situation qui évolue rapidement, le théâtre n’est pas à l’abri d’une nouvelle fermeture imposée par la Santé publique, mais M. Poissant tente de se concentrer sur le positif.

«L’inquiétude, je la mets dans l’angle mort le plus possible. C’est la seule façon de rester créatif et de garder la flamme allumée. On vit au jour le jour. On prend un problème à la fois.»

Une année de disette

Lors de son entretien avec Métro, Catherine Allard, qui incarne Pauline Julien dans la pièce, n’avait pas été sur une scène depuis le mois d’août dernier. Lors de cette courte accalmie, elle avait repris son rôle pour des représentations de cette même création au Théâtre du Bic, près de Rimouski.

Lors des onze représentations à ce théâtre, l’interprète de Gérald Godin a été remplacé.

«Notre acteur Gabriel [Robichaud] était pris au Nouveau-Brunswick», raconte-t-elle en rigolant.

Son remplaçant, Simon Landry-Désy, sera également de la pièce pour les nouvelles représentations fin avril.

Comment a-t-elle vécu cette année de disette ? A-t-elle remis en question son choix de carrière comme d’autres artistes ?

«Si on fait de la télé, ça peut aller, mais moi, c’est principalement de la scène que je fais depuis quelques années. Donc, c’est dur.»

Le plus difficile, selon elle, ce sont surtout les annulations, puisque le théâtre demande un certain niveau de préparation.

«C’est comme un entraînement jouer sur la scène. Ça demande quand même d’exercer certains muscles. Il y a toute une adrénaline qui vient avec ça. On ne le sait pas si on va jouer jusqu’à la dernière seconde.»

Même si la pièce circule depuis 2018, Catherine Allard affirme que Je cherche une maison qui vous ressemble est plus pertinente que jamais.

On va survivre

Depuis le début de la pandémie, seules deux représentations de la création That Moment – Le Pays des cons ont eu le temps d’avoir lieu l’automne dernier.

«Il va avoir des pertes inévitables, mais on peut continuer, en faisant attention, à avancer et à fonctionner. On ne peut pas tout prédire, mais le gouvernement nous a dit qu’il allait nous aider, alors on fait confiance à ça et on va survivre», assure Claude Poissant.

Les représentations virtuelles destinées au milieu scolaire ont d’ailleurs rencontré un certain succès cet hiver, puisque le TDP a rejoint 16 000 à 17 000 élèves.

«Notre priorité est quand même la salle. J’étais sur la scène hier et je me disais “Quel lieu magnifique. On a hâte qu’il soit habité”.»

Par ailleurs, la pièce La Métamorphose, prévue au départ pour le 17 février et dont Claude Poissant a fait la mise en scène, a été reportée à l’automne 2021.

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