Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

Des recherches de vestiges historiques dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles

L'Équipe de L'université de Montréal en compagnie de membres de l'Atelier d'histoire. Photo: Coralie Hodgson/Métro Média

Afin de confirmer l’emplacement de vestiges historiques du Vieux-Pointe-aux-Trembles, l’atelier d’histoire de la Pointe-aux-Trembles a fait appel à des experts d’anthropologie de l’Université de Montréal (UdeM). Un projet qui se déroule grâce à une technologie qui a servi à identifier des restes humains près d’anciens pensionnats autochtones.

Le premier décembre, des anthropologues de l’UdeM ratissent le sol de terrains privés du Vieux-Pointe-aux-Trembles avec un géoradar. L’objectif? Déterminer l’emplacement exact de la première chapelle paroissiale de Pointe-aux-Trembles, de son cimetière ainsi que d’une des quatre palissades des anciennes fortifications.

Jean-Christophe Ouellet, archéologue professionnel au département d’anthropologie de l’UdeM, explique que cet appareil de télédétection permet de repérer des éléments sous terre en émettant des ondes qui pénètrent le sol. Si l’équipe est capable d’identifier des éléments correspondant aux vestiges recherchés, une hypothèse sur son emplacement pourra être faite.

«Pour être plus certain, ça n’enlève pas la nécessité de creuser et dégager ces vestiges», précise M. Ouellet.

Les derniers mystères du Vieux-Pointe-aux-Trembles

Pouvoir démystifier les derniers pans de l’histoire du vieux village serait une grande réussite pour les membres de l’atelier d’histoire de la Pointe-aux-Trembles, surtout en vue du 350e anniversaire du territoire.«Ça viendrait renforcer nos communications quand on diffuse un document. Maintenant, on dit “selon ce qu’on sait”. Mais là, on le saurait vraiment, on aurait une preuve», dit Claude Belzil, président de l’atelier d’histoire.

Ce dernier explique que plusieurs fouilles archéologiques ont eu lieu dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles ces dernières années et ont mené à  l’identification de certains vestiges.  Une étude mandatée par la Ville et réalisée en 2001 par la firme Ethnoscop aurait notamment contribué à déterminer l’emplacement de trois des quatre palissades de l’ancienne fortification construite vers la fin du 17e siècle dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles.

Pierre Desjardins, vice-président de l’atelier d’histoire, ajoute que la quatrième palissade, la première chapelle paroissiale de Pointe-aux-Trembles, construite vers 1678, et son cimetière se trouveraient vraisemblablement dans le périmètre formé par la 9e avenue et les rues Sainte-Anne, Saint-Joseph et Notre-Dame. En se basant sur ces constats ainsi que sur des documents et cartes de l’époque, l’Atelier a identifié des terrains qui n’ont jamais été fouillés.

Isabelle Ribot, professeure au département d’anthropologie de l’UdeM, participe à cette phase exploratoire en compagnie de deux de ses étudiantes. «[Trouver le cimetière] permettrait évidemment d’apporter beaucoup d’information sur les premières populations installées ici, les compositions démographiques», explique-t-elle. Elle précise qu’entreprendre la fouille d’un cimetière demande de prendre en compte plusieurs considérations éthiques.

Un projet inspiré de la tragédie des pensionnats autochtones

L’idée d’utiliser cette technologie vient de la découverte des tombes anonymes découvertes cet été près d’anciens pensionnats pour Autochtones. En effet, le géoradar a notamment permis d’identifier la présence de restes humains anonymes près de l’ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.

L’Atelier a ainsi approché Jean-Christophe Ouellet, qui s’est exprimé sur la question dans les médias en raison de son expertise relative à cette technologie.

Inspiré par ce projet et son potentiel, ce dernier a fait les demandes de permis pour les fouilles archéologiques. L’Atelier d’histoire a pour sa part fait les liens avec les résidents des propriétés privées concernées.

Une première phase du projet

Cette phase exploratoire devrait se terminer le 3 décembre. Dépendamment des analyses de l’équipe de l’UDEM, une seconde phase pourrait avoir lieu au printemps.

D’éventuelles fouilles exigeraient d’obtenir l’autorisation des propriétaires privés. Il faudrait aussi trouver du financement pour les réaliser.

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