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Paris Laval

J’arrive près du métro la Concord, pis là j’attends ma lumière pour traverser. furtivement, j’entrevois une femme qui approche derrière moi, avec une silhouette de yogourt. je me dis fermement : non ! je la regarde pas. je regarde à terre, un peu hagard dû aux vins de la veille et j’allume pas vite quand vient le temps de traverser, ainsi elle emboîte le pas devant moi et dans ses jeans turquoises trône un cul de l’e.n.f.e.r. Satan réincarné en femme c’est ça. elle prend de la distance et proportionnellement ma culpabilité de voyeur baisse. je respire. rendus à l’esplanade de la station la foudre frappa sous la forme d’une scénette … si ce que j’ai vu sortait pas d’une comédie romantique, cliché(e), c’était le parfait tirage d’une photo noir et blanc du Paris d’après guerre. la fille s’est arrêté une seconde, a levé son talon gauche, comme pour voir si un chewing gum s’était pas collé sous sa semelle, puis en perdant subtilement (faussement ?) l’équilibre, sa main est venu taper/effleurer sa fesse. une plume de duvet frôlant un œuf d’autruche, ou quelque chose de rare comme ça. à ce moment là, est sorti spontanément de ma bouche – et fort – les mots suivants : AHHH TROOP CUTE ! a-t-elle entendu ? on le saura pas mais j’ai espéré avoir l’air du gars qui pensait pas être entendu, en espérant secrètement l’être. l’instant d’après au guichet j’entendis l’évidence; madame était Française. et méritait la Coupe du monde. la guichetière poussait des p’tites jokes qui m’ont fait rire pis là, la fille m’a regardé, complice, et m’a sourit. fiou ! je me suis pas évanouie! mais j’avais l’air de quoi, moi ? ben j’avais un chandail ligné de matelot pis une casquette bleue marin. voilà.

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