Happy 51 and 2021

Ces regards… Doux et durs. Proches et lointains. Merci pour ce sursaut. Je voulais (te) le dire et (te) l’écrire.

Aucune importance, 20 janvier 2021

Bourrasque des corridors

Sur la rame bordée d’âmes, le métro suit son tracé sans son. Ce wagon, tu en étais souverain. Dès potron-minet, ce trône en triade était audience de ta vénusté. Cerclé d’une peau impavide, ton regard commandait aux yeux auréolés le retour au repos qu’ils n’auraient pas dû quitter. Nous, vulgum pecus, croupissions sous les flaflas de nos manteaux tandis que toi, d’une fine couche de polyester, tes habits venaient coupés nos respires. Les tambours de tes talons trémulaient ton passage : les éclats des gobelets, le froissement des pages orphelines des bulletins, enrobaient les corridors d’envergure. À la sortie, le tourniquet, de vent, se gréait pour abattre ceux encore debout. En cette saison, je ne vois plus que l’ombre de ton vide; le métro, ton royaume, n’est-il plus?

Raphë, 20 janvier 2021

À R.

Quinze ans plus tard…tu es l’héroïne de tous mes rêves. Te croiser dans la rue ne fait qu’amplifier ma passion pour toi. Je te désire comme jamais auparavant.

T., 20 janvier 2021

Toi

Si l’amour est un sacrifice, alors sacrifie le tien, cherche au plus profond de toi une partie que tu as oublié, le pire des mals , est le double face, dans certaines situations, on est silencieux, mais certainement pas aveugle, pas besoin de frapper pour faire mal :
Une trahison fait mal…
Un rejet fait mal…
Les mots fond mal…
Alors explique moi plutôt pourquoi as-tu fait cela ?
La confiance se gagne en gouttes et se perd en litres, alors quel ton sacrifice?

Moi, 11 décembre 2020

Échange de regards à toi beau brumel

Je suis embarquée avec un autre gars au métro McGill hier. Tu étais assis avec ton masque n-95, tu avais l’air de finir de travailler sur la construction. En même temps que je parlais avec mon ami de gars qui était habillé tout en noir et moi j’avais un manteau kaki, on s’est échangé plusieurs regards intense avec tes beaux yeux bruns. Juste avant de sortir au métro Joliette, si je n’avais pas été accompagnée, je t’aurais donné mon nom pour qu’on puisse prendre contact. Si tu vois ce message, j’aimerais bien que tu me communiques par insta 😉

Djuebee, 11 décembre 2020

mes indolences

je me suis cueilli une fleur,
d’une beauté à son acmé,
gorgée de rosée féconde

je me suis cueilli une fleur,
n’ayant connue tout au plus,
que l’élan de quatre aurores

je me suis cueilli une fleur,
dans la candeur d’espérer,
m’approprier sa timide majesté

je me suis cueilli une fleur,
et pourtant, ce faisant,
mon jardin en était noyé

je me suis cueilli une fleur,
pour la mirer se flétrir
dans la cambrure de ma main

raphë, 11 décembre 2020