Avenir incertain pour un jardin collectif de Mercier-Est
La saison 2017 du projet Jardin solidaire pourrait bien être la dernière. L’organisme Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur (YQQ) doit trouver de nouvelles subventions pour assurer la survie de ce jardin collectif en bacs.
Le jardin sera de retour en 2017, toujours dans le stationnement de l’église Saint-François-d’Assise.
Un financement privé a été octroyé à YQQ pour la prochaine saison. Les fonds sont toutefois insuffisants, pour le moment, pour allouer une ressource humaine à temps plein à la gestion du site qui sert d’outil de lutte aux déserts alimentaires identifiés dans le quartier.
Le nombre de bacs cultivés et la superficie utilisée pourraient être grandement affectés si aucune nouvelle somme n’est trouvée, confirme Tommy Mihou, coordonnateur du volet agriculture urbaine à YQQ.
«La pérennité du projet est menacée. Nous ne pouvons nous engager pour les années au-delà de 2017, et même pour la prochaine saison, ce sera très difficile sans une ressource à temps plein.»
L’an dernier, l’organisme n’a pu consacrer qu’une ressource à temps partiel au projet et la participation s’en est ressentie. Le nombre de jardiniers a drastiquement chuté diminuant de plus de la moitié. D’une dizaine de jardiniers, leur nombre est passé à trois.
Une demande de financement a été soumise dans le cadre du programme de Revitalisation urbaine intégrée (RUI) de Mercier-Est pour un projet qui incluait des partenariats avec le milieu et le développement de nouveaux services, dont un kiosque maraîcher pour les parents du CPE du Dolmen, mais celle-ci a été refusée.
YQQ devra vraisemblablement se tourner vers le recrutement de bénévoles.
«Nous tenterons de trouver des passionnés de jardinage pour prêter main-forte à une éventuelle ressource humaine. Si nous en recrutons une dizaine sur une base régulière, cela permettra de maintenir le projet dans sa forme et sa superficie sans devoir couper de services», estime M. Mihou.
La priorité de l’organisme est à tout le moins de maintenir une production suffisante pour approvisionner son kiosque maraîcher au CLAC de Guybourg, dans un secteur où l’offre de fruits et légumes frais est plutôt rare.
Le secteur a été identifié comme un désert alimentaire par la Direction de la santé publique de Montréal depuis quelques années déjà.
Au-delà du nombre de jardiniers et du kiosque maraîcher, le projet Jardin solidaire a aussi un gros volet social qu’il serait dommage de perdre, rappelle YQQ.
«Le chargée de projet organise des ateliers, des animations et des activités au jardin grandement appréciés. C’est aussi un rôle éducatif non négligeable.»
Dans les prochaines semaines, YQQ continuera de chercher de nouvelles sources de financement. Et ce sont les résultats de ces démarches qui détermineront la forme finale que prendra le projet Jardin solidaire au cours des prochains mois.