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JO de Londres: rencontre du 3e type!

Photo: Michael Sohn/AP

Depuis le coup d’envoi des JO de Londres, je dors peu et je consomme trop de télés. Ça devait être magique, mais c’est encore pire! On n’en est qu’au troisième jour de la compétition, que de la magie on est passé à la science-fiction!

Premier épisode. Ye Shiwen. Samedi, premier jour des compétitions, la nageuse chinoise a créé la première rencontre du troisième type des jeux. Pas parce qu’elle a gagné, à 16 ans à peine, avec une facilité déconcertante l’épreuve du 400 m quatre nages. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a battu le record du monde en 4 min 28 sec 43/100. Que nenni!

En fait, Ye Shiwen a réalisé une performance ahurissante qui a créé polémique. Imaginez-vous, elle a nagé son dernier 100 m nage libre dans un temps record à couper le souffle. Ye a nagé aussi vite en crawl que l’Américain Ryan Lochte, champion olympique, le même jour, du 400 m quatre nages hommes.

Les télés du monde ont eu du plaisir à remonter les deux derniers 100 m pour mettre virtuellement en compétition Ryan et Ye. L’Américain a reconnu qu’elle «est impressionnante. Si elle avait été avec moi (en course), elle m’aurait peut-être battu». Son compatriote Michael Phelps a abondé dans le même sens: «Elle m’aurait dépassé aussi, elle a dépassé la plupart des gars du 4X100».

Et ce n’est pas tout. Deuxième rencontre du troisième type: Ruta Meilutyte. Lundi, troisième jour des compétitions, alors que j’étais encore scotché à mon téléviseur pour suivre la finale du 100 m brasse – j’adore l’entrée en scène hollywoodienne des nageuses une à une –, quand le commentateur a lancé que la longiligne lituanienne, Ruta Meilutyte, qui apparaît à l’écran n’a que 15 ans. Elle nage au couloir numéro 4, c’est-à-dire qu’elle a réalisé le meilleur chrono lors des demi-finales. À 15 ans, ici, chez nous, on en a des tonnes qui décrochent au secondaire. Elle, une minute après le coup d’envoi de son épreuve, elle est devenue championne olympique du 100 m brasse en s’imposant en finale avec une outrageante facilité. Ahurissant!

Alors que pensez-vous? Est-ce du dopage? Bien sûr que non. Oubliez le dopage traditionnel, car c’est ringard! Ces filles, comme tous les athlètes à Londres sont parmi les plus contrôlées au monde, notamment, avec le passeport biologique et tout le tralala.

La vérité est que les athlètes modernes sont biologiquement modifiées, des AGM quoi! Faites un exercice simple. Regardez les photos des nageurs des années 1970 et comparez-les à ceux d’aujourd’hui. Ceux de l’époque avaient des physiques et des carrures différents les uns des autres. Par contre, les poissons-nageurs qu’on voit en ce moment à la télé sont plus grands et sculptés comme s’ils sortent du même moule. La plupart mesurent deux mètres et chaussent du 14.

Ces AGM sont fabriqués dans des laboratoires sophistiqués. On fait désormais la prospection des futurs AGM vers la prépuberté et on les façonne selon les besoins de leur discipline. Loin des contrôles antidopage!

Aux JO de notre ère, ceux qui gagnent, sont les meilleurs parmi les AGM. Les autres athlètes ordinaires font de la figuration. Comme disait Pierre de Coubertin, l’important c’est de participer!