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14:12 7 octobre 2020 | mise à jour le: 9 octobre 2020 à 10:52 temps de lecture: 4 minutes

Trump tente de sauver une partie du plan de relance qu’il a lui-même sabordé

Trump tente de sauver une partie du plan de relance qu’il a lui-même sabordé
Photo: Jacquelyn Martin/AP PhotoLa présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, tient une conférence de presse hebdomadaire le jeudi 1er octobre 2020.

WASHINGTON — La Maison-Blanche tentait mercredi de sauver une partie du plan de soutien économique pendant la pandémie dont la négociation avec le Congrès a été abruptement interrompue par le président Donald Trump la veille.

Dans une série de messages sur Twitter, mercredi matin, M. Trump a fait pression pour que les Américains puissent tout de même recevoir une prestation de relance de 1200 $ et pour permettre aux compagnies aériennes et aux autres entreprises durement touchées par la crise de recevoir une nouvelle tranche d’aide.

Le président semblait vouloir rouvrir les discussions avec la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, qu’il a lui-même rompues mardi après-midi à la surprise générale.

M. Trump a appelé le Congrès à lui transmettre un «projet de loi autonome pour les chèques de soutien (1200 $)», en référence à une série de paiements directs à la plupart des Américains qui constituaient un élément central des négociations entre Mme Pelosi et la Maison-Blanche.

«Je suis prêt à signer dès maintenant. Tu écoutes Nancy?», avait lancé M. Trump sur Twitter mardi soir. Il a également exhorté le Congrès à approuver immédiatement une aide de 25 milliards de dollars pour les compagnies aériennes et de 135 milliards de dollars pour le programme de protection des salaires afin d’aider les petites entreprises.

Les marchés boursiers ont chuté précipitamment après l’annonce de la rupture des pourparlers par M. Trump, mais semblaient se redresser mercredi matin après que le président a ouvert la porte à une aide partielle.

M. Trump a décidé de saborder les discussions entre le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et Mme Pelosi après avoir appris que le plan d’aide qui était négocié aurait reçu peu de soutien des républicains du Congrès.

«Il est devenu très évident au cours des deux derniers jours qu’un projet de loi complet allait arriver à un point où il n’avait pas vraiment beaucoup de soutien républicain», a déclaré mercredi le chef de cabinet de la Maison-Blanche, Mark Meadows, sur Fox News. «Il s’agissait davantage d’un projet de loi dirigé par les démocrates, ce qui aurait été problématique, encore plus au Sénat qu’à la Chambre».

«Avoir son nom sur un chèque»

Mme Pelosi a estimé devant les journalistes que «tout ce que le président veut, c’est d’avoir son nom sur un chèque» pour les paiements d’aide directe.

Ce revirement inattendu pourrait représenter un coup dur pour les perspectives de réélection de Donald Trump et survient alors que son administration et sa campagne sont dans la tourmente. Le président est en quarantaine à la Maison-Blanche après avoir contracté la COVID-19, et les plus récents sondages d’opinion indiquent qu’il est nettement derrière l’ancien vice-président Joe Biden dans les intentions de vote, à quatre semaines du scrutin.

Les pourparlers ont été difficiles depuis leur début en juillet et n’ont jamais semblé pouvoir aboutir à un accord que les deux partis pourraient appuyer.

Mme Pelosi exigeait une série de mesures sur l’aide alimentaire, les allocations de chômage, l’aide aux locataires et aux propriétaires, et l’aide aux gouvernements étatiques et locaux. Les républicains l’ont accusé de faire traîner les pourparlers pour empêcher M. Trump de décrocher une victoire politique avant les élections du 3 novembre.

Les premières séries de mesures d’aide face à la pandémie ont été facilement adoptées lorsque l’économie s’est retrouvée à l’arrêt en mars. Par la suite, M. Trump et plusieurs de ses alliés républicains se sont concentrés sur l’assouplissement des restrictions sociales et économiques comme clé de la relance au lieu d’une aide directe financée par les contribuables.

La décision d’arrêter les négociations maintenant pourrait avoir un coût politique important. Alors que le marché boursier a récupéré une grande partie de ses pertes après le creux des premières semaines de la crise, le chômage s’élève toujours à 7,9 %, avec près de 11 millions d’emplois qui ne sont toujours pas revenus depuis le début de la pandémie, dépassant le nombre d’emplois perdus pendant la grande récession de 2008-2009.

Andrew Taylor et Aamer Madhani, The Associated Press



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