Paradis fiscaux: le début de la fin?


Décriée partout, l’évasion fiscale semblait une fatalité. Mais, l’an dernier, l’Offshore Leaks a ouvert une brèche et la France vient, peut-être, de gagner la première bataille contre les paradis fiscaux!

Il y a un an, une trentaine de médias étrangers ont publié les résultats d’une longue enquête sur les sociétés offshore et les paradis fiscaux. Plus de 2,5 millions de documents ont été mises à disposition par le consortium journalistique d’investigation américain ICIJ. 

Environ 130 000 personnes issues de 140 pays sont concernées.

Récemment, le premier ministre français, Manuel Valls, a offert des baisses d’impôt d’un milliard d’euros pour les ménages modestes grâce à l’argent récupéré de l’évasion fiscale. Créé en juin 2013, le service de traitement des déclarations rectificatives offre aux contribuables français détenant des avoirs non déclarés à l’étranger de se mettre en conformité avec la loi fiscale. Quarante-et-un agents ont été mobilisés. Depuis le 21 juin 2013, ce sont 23 191 dossiers qui ont été déposés; 1260 ont été entièrement traités.

D’après les données officielles, les comptes dissimulés comptent en moyenne 900 000 euros. Le tout devrait rapporter à l’État 1,8 milliard d’euros, presque deux fois plus que prévus. Le ministre des Finances français espère même qu’il n’y aura bientôt plus de compte caché en Suisse.

Certes, ce n’est pas la fin de l’évasion fiscale, toutefois, la Suisse, Singapour l’Autriche et le Luxembourg se sont engagés à mettre fin à leur secret bancaire et à plus d’échange d’information. Les évadés fiscaux savent qu’ils sont maintenant traqués.

Par ailleurs, en France, à titre d’exemple, les sanctions contre les fraudeurs sont de plus en plus lourdes. Ils encourent une peine maximale de 7 ans de prison et 2 millions d’euros d’amendes.
Le chemin est long, car d’autres paradis fiscaux comme Hong Kong et les Bahamas n’ont pas encore emboîté le pas de la Suisse. Mais avec la crise économique qui sévit en Europe, les gouvernements en place font face à la grogne populaire. Ils sont acculés au pied du mur pour dénicher de l’argent frais coûte que coûte.

Il y a un début à tout.

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