C'est dans les villes…
Pour la première fois dans l’histoire, plus de 50% des humains habitent les zones urbaines. Il y a 200 ans, seulement 4% de la population vivait dans une ville. Mais là où il y a un écart considérable ville-campagne, c’est dans la consommation d’énergie. Plus de 80% des émissions de GES mondiales sont de source urbaine. Le transport automobile évidemment, mais la qualité ordinaire des habitations, la multiplication des zones industrielles dans les couronnes et les banlieues ainsi que l’énergie utilisée dans les bâtiments contribuent toutes à faire de la lutte aux changements climatiques une affaire de ville et de banlieues.
Les villes se sont rassemblées dans la ICLEI, un organisme de portée mondiale qui cherche à augmenter la performance énergétique des milliers de villes du globe. Il y a maintenant plus de 3200 villes membres, dont Montréal et plus de 1000 aux États-Unis – même si l’administration centrale de ce pays n’a pas signé le Protocole de Kyoto!
L’an dernier, lors de la réunion de Cancun sur le climat, la ICLEI a adopté un registre climat des villes avec dès le départ plus de 200 villes signataires. De par cette charte, les villes s’engagent à prendre des mesures concrètes afin de réduire leur signature carbone. Un exemple parmi d’autres: Copenhague s’est engagée à être carboneutre d’ici 2025. Un logiciel a été mis en place pour les membres. Les performances y sont enregistrées formellement afin de mesurer les vrais gains et non les promesses. Le premier rapport annuel du Pacte de Mexico (c’est là que les villes ont signées l’entente) était rendu public cette semaine à Durban.
Le besoin criant d’un accroissement de l’offre de déplacement public démontre à quel point nos élus doivent aller encore plus vite et plus loin à ce chapitre. Le plan d’action du Québec 2006-2012 sur les changements climatiques a permis des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars dans ce secteur. Toutefois, le fédéral doit aussi jouer un rôle important. Hélas, le Canada est l’un des rares, sinon le seul, pays industrialisés sans stratégie de financement nationale des transports publiques.
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