Aînés en HLM: le commérage dérange
C’est ce qui ressort d’un rapport qu’a produit l’organisme, après avoir développé un projet d’intervention qui s’est déroulé dans les quatre HLM de l’arrondissement : les Jardins Chaumont, le Manoir Anjou, les Jardins Châteauneuf et les Jardins Angevin.
L’animatrice, qui a été engagée pour la durée du projet-pilote -de septembre à décembre-, a rencontré plus de 125 résidents de ces habitations et a organisé plusieurs activités de groupe.
Cette dernière a remarqué que le commérage, qui consiste à raconter des histoires au sujet des locataires, de parler dans le dos des gens et de se mêler de leur vie privée, « semble influencer grandement le bien-être des gens vivant en HLM ».
« Le commérage est souvent nommé comme une raison pour laquelle certains décident de ne pas se mêler aux autres et de ne pas participer aux activités de groupe. Quant aux relations entre les voisins, beaucoup de gens disent préférer ne pas faire de voisinage », rapporte-t-on dans le rapport.
Des locataires se sentiraient même impuissants face à ce phénomène, n’ayant pas l’impression de pouvoir changer quoi que ce soit à leur situation. Aux Jardins Châteauneuf, par exemple, il semblerait que la présence de locataires issus de l’immigration crée des tensions et que plusieurs conflits de longue date influencent le climat dans cette habitation.
C’est pourquoi le ROCHA estime que l’embauche d’une animatrice de milieu de vie pourrait favoriser le maintien d’un climat agréable, l’organisation d’activités en plus de prendre contact avec des gens plus isolés.
Plus de services réclamés
Plusieurs résidents se sont aussi plaints du service de conciergerie de leur habitation. « Ceux-ci trouvent que les communications avec le service de l’entretien et des réparations sont compliquées. Ils disent devoir attendre longtemps avant de recevoir un service et qu’ils leur arrivent de faire des demandes sans jamais avoir de retour d’appel », peut-on lire dans le rapport.
Toujours selon le ROCHA, l’animatrice pourrait informer les aînés des divers services de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) et leur fonctionnement, en plus de faire connaître les services disponibles pour eux dans la communauté.
Financement recherché
L’OMHM, qui a suivi le projet d’intervention, estime aussi que cette initiative devrait être financée à long terme. L’organisme gouvernemental évalue les possibilités de financement auprès de différents programmes de subvention.
Pour Marie-Michèle Mondor, coordonnatrice de la concertation aînés du ROCHA, un financement récurrent pour deux ou trois ans serait l’idéal. « Quand on intervient auprès de cette clientèle, ça prend un moment avant de créer un sentiment de confiance avec les résidents », soutient-elle.
Le ROCHA souhaite obtenir une réponse favorable à leur demande d’ici la fin du printemps.