Sylvera Louis : boxeur malgré tout

Le boxeur professionnel Sylvera Louis a le vent dans les voiles. Le club de boxe Underdog Gym, dont il est l’un des fondateurs, est en pleine expansion. Le club a emménagé dans ses nouveaux locaux, plus spacieux, le 13 mars dernier. Toutefois, la boxe n’a pas toujours été le plan de carrière de l’athlète. Il avait même abandonné ce sport dans sa jeunesse.

« J’ai fait de la boxe de 16 à 18 ans. J’ai arrêté à la suite d’une défaite. Mon ego en a pris un coup. Il a fallu sept ans avant que je remonte sur un ring », mentionne l’Angevin.

Au cours de cette période, l‘amour du sport était toujours présent. « La boxe me manquait, mais je remettais toujours mon retour au lendemain. Demain était la journée idéale pour recommencer l’entraînement », avoue-t-il.

Cette discipline était toute désignée pour l’athlète. Après avoir tenté sa chance au hockey, au basketball et même en patinage artistique, seule la boxe le satisfaisait. « Ce sport est le premier où j’ai eu du succès. De plus, ça m’aide à m’extérioriser, admet-il. Je suis un homme introverti qui refoule beaucoup ses émotions. La boxe m’a permis de travailler mon estime, tout en me libérant de mon agressivité. »

Le retour

Un événement précis dans la vie du boxeur a été déterminant dans sa carrière. L’athlète a été la cible de coups de feu.

« Je travaillais comme videur dans un club de Montréal avec mes frères. Un groupe de cinq individus a voulu se battre avec nous et nous avons répondu. L’un d’eux avait une arme. J’ai reçu un projectile dans la jambe. J’ai cru que j’allais mourir. Je me suis alors dit que se serait selon mes termes.

« J’ai poursuivi mes assaillants lorsqu’une autre personne m’a tiré dessus, cette fois-ci, avec un plus gros calibre, un 38 mm. La balle s’est logée dans mon avant-bras gauche. La douleur a été intense », raconte celui que l’on surnomme Sly.

La balle a brisé un os en deux et s’est déplacée jusqu’à son coude. Selon le médecin, un projectile de cette grosseur aurait dû traverser et broyer les os de Sylvera. « Nous avons toujours su que nous avions des gros os dans la famille. Mon frère en est le meilleur exemple, car c’est grâce à cette densité osseuse qu’il peut toujours boxer », mentionne Ludovic Louis, le grand frère de Sly.

Cette aventure a été l’élément déclencheur qui a incité le boxer à renouer avec sa vraie passion : la boxe. En 2007, soit environ deux ans après l’altercation, son frère Ludovic, son ami d’enfance Alexandre et lui ouvrent le Underdog Gym sur la rue Sainte-Catherine.

Moins de trois semaines plus tard, Sly remontait sur le ring. « J’ai eu mon premier combat rapidement et je l’ai perdu. Cette fois-ci, j’ai continué à m’entraîner. Après un an, j’étais sur l’équipe canadienne de boxe amateur », affirme le boxeur de 29 ans.

La maladie

Sylvera a découvert, il y a deux ans, qu’il souffrait de diabète de type 1. Une maladie qui a marqué son parcours.

« Ça explique beaucoup de choses, comme mes baisses d’énergie et ma perte de sensibilité. Au secondaire, on me traitait souvent de lâche. En sport, des fois j’étais bon et des fois mauvais. Cette situation m’a amenée dans les disciplines individuelles, dont la boxe », explique-t-il.

Aujourd’hui, l’Angevin est classé troisième sur la scène professionnelle canadienne, chez les poids lourds. Il ne s’arrêtera pas là. « Cette année, je voudrais me battre pour une ceinture ou être premier au Canada », annonce-t-il. Ce qui est certain, conclut Sylvera, c’est qu’il ne quittera pas le monde de la boxe une deuxième fois.

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