En 2012, les femmes doivent-elles encore célébrer la Journée internationale de la Femme?
Comme ce monde n’existe pas, plus que jamais, cette journée doit être célébrée par toutes les femmes à tous les niveaux de la société. Malheureusement, le terme célébration n’est pas synonyme de fête. C’est encore une journée de mobilisation, de manifestation et de revendication.
Dédiée aux femmes, c’est la seule journée de l’année qui leur permet d’être plus ou moins visibles. Le reste de l’année, elles sont oubliées. Au Québec, des centres de femmes gérés par et pour les femmes tel que le Carrefour des femmes d’Anjou qui fêtera ce 8 mars, son 27 ème anniversaire, travaillent très fort pour éviter cet état de fait.
Il est vrai que la condition de la femme a connu des avancées notables. Cependant, avec le tournant néolibéral, il est à craindre que leurs acquis d’hier soient, aujourd’hui menacés. La tentative d’instaurer le ticket modérateur, la taxation de la santé, la hausse des frais de scolarité, au provincial et la suppression du registre des armes à feu, au fédéral ne font que confirmer cette crainte. En effet, chaque décision politique vient déposséder davantage les femmes de leurs droits.
Ces mêmes décisions révèlent, en outre, les contradictions des politiques publiques entre elles. D’une part, le gouvernent du Québec met en place des structures (le Secrétariat à la condition féminine, le Conseil du statut de la femme) pour défendre ses droits. De l’autre, il prend des dispositions qui vont à l’encontre de ces mêmes droits qu’il entend défendre. Au lieu que les moyens et les énergies soient déployés pour faire avancer leur cause, ils le seront pour les préserver.
Toutes les femmes devraient chausser leurs pieds et aller célébrer le 8 mars.