Chats abandonnés

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Le thermomètre indique -5 C°, toutefois, la température ressentie frôle les -12 C°. Les flocons qui virevoltent dans le ciel annoncent la première tempête de l’hiver. Malgré ce temps de chien, Françoise Bélanger enfile son manteau et s’apprête à sortir. Ses chats l’attendent.

Un pichet d’eau chaude dans une main et une boîte de thon dans l’autre, l’Angevine se rend régulièrement en bordure de l’avenue Pont-de-Cé où vivent, selon elle, des dizaines de chats errants. Lors de la saison estivale, on dénombre une trentaine de bêtes tandis qu’en hiver, on en retrouve une douzaine, soutient Mme Bélanger.

La retraitée trouve inhumain que des animaux soient ainsi laissés à l’abandon, plus particulièrement en période hivernale. Sa fille et elle ont recueilli trois chats, afin de leur offrir un foyer. Ne pouvant pas tous les sauver, elles tentent cependant de leur venir en aide en leur apportant de la nourriture. À raison d’une fois tous les deux jours, Mme Bélanger, parfois accompagnée de sa fille, se rend sur place, lors de sa « marche de santé » et ce, depuis le mois d’avril.

« L’été, c’est moins pire, car ils ne gèlent pas. Mais pour ce qui est de la nourriture …Il a beau y avoir des souris, à la quantité de chats qu’il y a, la nourriture vient à manquer! J’ai recueilli un chat, il était tout maigre et il était malade. Il ne s’est pas fait prier pour entrer dans la cage. Il y en a un autre qui avait les oreilles complètement gelées et les pattes recroquevillées parce qu’il essayait de se réchauffer. Ça n’a pas de bon sens », s’indigne Mme Bélanger.

Le 12 janvier, l’équipe du Flambeau a accompagné la bienfaitrice lors de sa tournée. Dès son arrivée sur les lieux, elle a versé de l’eau chaude et de la nourriture (du thon et des croquettes) dans des bols en plastique en appelant ses protégés : Minou! Minou! Quelques minutes plus tard, un, deux, trois, puis quatre chats ont surgi du stationnement situé sur la rue Champ-d’eau, à l’arrière de l’avenue Pont-de-Cé, près de la rue Jarry.

Selon elle, les chats affluent dans ce secteur puisqu’ils peuvent « se réfugier dans les tuyaux et sous les camions pour se protéger de la rigueur de l’hiver ». Un autre bassin de bêtes se trouve près de l’Impasse à l’Eau-vive.

La femme confie avoir déjà apporté de vieux vêtements et des boîtes en carton, isolées à l’aide de vieux tapis, pour permettre aux bêtes de se protéger du froid.

Selon Mme Bélanger, il faut davantage sensibiliser la population afin qu’ils « prennent leur responsabilité ». Elle souhaite que la Ville de Montréal adopte des mesures pour stériliser les animaux errants. Elle propose qu’un suivi soit fait auprès des personnes qui font l’acquisition d’un nouveau compagnon.

Réglementation

La Ville de Montréal a annoncé qu’elle projette de mettre en place une fourrière municipale et entend adopter une politique de gestion animalière pour tous les arrondissements, qui pourrait rendre obligatoire l’identification des animaux au moyen d’une médaille ou d’une micropuce ainsi que la stérilisation. Toutefois, les détails de ces projets ne sont pas encore connus. Une annonce à ce sujet est prévue cet été.

Du côté de l’arrondissement d’Anjou, aucune recrudescence du phénomène de chats errants n’a été constatée.

« Nous n’avons eu aucune plainte à ce sujet-là », affirme Jacques Rioux, directeur de l’arrondissement.

Il invite les citoyens à communiquer avec l’arrondissement pour signaler un animal errant. Celui-ci sera pris en charge par le Berger Blanc, organisme qui dessert le territoire angevin. Il sera capturé, puis mis en quarantaine avant d’être offert à l’adoption. Au lendemain du scandale entourant cette organisation, l’administration locale a négocié une prolongation de trois mois du contrat qui la liait à celle-ci et qui venait à échéance.

« On est en train de regarder ce qu’on va faire pour la gestion animalière. À part le Berger Blanc, il n’y a pas beaucoup de fournisseurs de services dans ce domaine-là. On a prolongé leur contrat parce qu’on n’avait pas d’autres choix. On est en train de planifier la transition pour les trois prochains mois. On étudie cette question-là », assure M. Rioux.

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