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15:19 3 février 2016 | mise à jour le: 3 février 2016 à 15:19 Temps de lecture: 3 minutes

Camelot, métier atypique

Camelot, métier atypique
Photo: Mario Alberto Reyes Zamora

À l’occasion de la Semaine internationale des camelots, Norman nous parle de son métier.

Par Norman Rickert

J’ai connu L’Itinéraire alors qu’on était situé sur la rue Amherst en 2003. Quand j’ai commencé, c’était beau si j’arrivais à vendre deux revues par jour.

Tranquillement pas vite, j’ai fait mes premières armes dans la vente du magazine. Ça a pris du temps avant de me sentir à l’aise avec le public. J’ai appris qu’il ne faut pas forcer les gens à acheter la revue, car ils sont déjà très sollicités de part et d’autre. Ça commence par un sourire. Saluer les passants. Les gens te reconnaissent et un jour finissent par te l’acheter. Réussir à rester zen en vendant la revue même quand la très grande majorité des passants t’ignorent n’est pas toujours évident.

J’ai su avec le temps que la raison pour laquelle la plupart sont indifférents à ton égard n’a rien à voir avec ta binette. Certains d’entre eux entretiennent des préjugés sur les «itinérants», mais d’autres sont dans leur bulle, pitonnent sur leur téléphone intelligent, veulent fuir notre société de con-sommateurs débiles, etc. Je les comprends, je fais pareil. J’ai certes connu la pauvreté extrême, mais j’ai toujours eu un logement. Il arrive parfois qu’un client régulier soit «infidèle» et achète la revue à un concurrent, mais il faut apprendre à composer avec ça.

Il n’y a pas des camelots qu’à Montréal
On retrouve des journaux de rue similaires à L’Itinéraire un peu partout dans le monde. J’ai eu la chance de skyper avec Henrik, camelot du magazine danois Hus Forbi. La publication est vendue partout au Danemark et c’est la plus populaire du pays, avec un chiffre mensuel de 80 000 copies écoulées par édition. Le magazine Hus Forbi et L’Itinéraire ont plusieurs choses en commun. D’abord leurs clients réguliers, qui nous assurent un revenu fixe, qui nous lisent et nous traitent sur un pied d’égalité.

Plus qu’un journal de rue
Il m’est arrivé de vouloir quitter L’Itinéraire à plusieurs occasions, mais à chaque fois, quelque chose m’a retenu au sein de l’organisme. Il réussit le pari d’aider des centaines de personnes à gagner leur vie honorablement, mais aussi à réaliser des projets personnels par le biais de diverses activités. Je suis aussi artiste-peintre et poète.

Au plaisir de vous rencontrer à la station Outremont et vous écrire une prochaine fois dans les colonnes de L’Itinéraire.

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