Mine de rien
Il est à espérer que d’autres pays prétendument démocratiques sauront résister à la crainte
démesurée qu’a inspirée la construction de minarets aux Suisses.
Mine de rien, nous risquons tous de mettre dans le même panier de nos peurs et de nos traditions occidentales ce refus exacerbé de la religion islamique que certains prosélytes fanatisés ont poussée dans des sentiers sans issue.
Toute religion, quelle qu’elle soit, possède en elle-même un potentiel de dérive extrémiste que la longue histoire humaine a de tout temps manifesté. À ce niveau, la religion catholique a aussi humilié et tenté d’écraser la liberté fondamentale des citoyens qui ont voulu s’en affranchir.
Le défi qui nous interpelle est celui, d’une part, du respect de la laïcité des structures officielles des États et, d’autre part, celui du consentement à la liberté religieuse, dans leurs lieux de culte, des citoyens qu’une certaine tradition a sensibilisés à une forme ou l’autre de croyance.
Jacques Léger, Montréal