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Posons-nous de nouvelles questions

Le 1er décembre, déclaré Journée mondiale du sida, nous offre une belle occasion de réfléchir aux enjeux et aux défis posés par notre réaction à l’épidémie. Depuis le début des années 1980, force est de constater l’impact dévastateur du VIH dans tous les coins de la planète. Que ce soit sur le plan individuel ou collectif, le VIH/sida a de graves conséquences pour les individus, les familles, les communautés et les peuples.

Notre réponse à l’épidémie témoigne par ailleurs des rapports sociaux qui prônent la justice sociale. Ainsi, la revendication du droit aux traitements antirétroviraux dans tous les pays du monde offre un bel exemple d’appel à la solidarité.

Lorsqu’on se penche sur la prévention du VIH/sida, les défis sont de taille, et ce, malgré le travail impressionnant accompli par les bénévoles, les organismes communautaires, certains décideurs politiques et les personnes vivant avec le VIH.

En effet, les taux de séroprévalence augmentent légèrement en dépit de nos efforts de prévention. Parmi ces cas, soulignons la proportion élevée des personnes de 40 ans et plus. Chez les plus jeunes, on remarque un nombre de plus en plus grand de femmes infectées par suite d’un rapport hétérosexuel non protégé.

Que devons-nous faire si les taux de séroprévalence ne reculent pas? Depuis le début de l’épidémie, comment avons-nous réagi collectivement à la prévention? Notre stratégie était-elle la meilleure? Serait-il possible d’évaluer nos actions dans ce domaine de manière plus large, et non par la simple évaluation des programmes mis en place? Puisque nous essayons depuis maintenant presque 30 ans, sans grand succès, de juguler la maladie par le biais de la prévention, comment devrions-nous nous réorienter? Quelles ont été nos erreurs? Comment éviter de les répéter?

Poser ces questions ne met aucunement en cause la bonne volonté des chercheurs, des organismes ou des acteurs de la santé publique qui Å“uvrent dans ce domaine. Ne pas les poser, toutefois, risque de nous aveugler et de nous conforter dans l’idée que nos tentatives de prévention sont suffisantes. Nous pouvons certes pointer des réussites en matière de prévention, mais un fait demeure : la situation devient de plus en plus dramatique, chez nous et partout dans le monde.

Notre réponse à l’épidémie laisse forcément à désirer. La journée mondiale de lutte contre le sida nous propose de prendre un moment pour réfléchir à la possibilité, voire à la nécessité, d’imaginer d’autres réponses. Posons-nous donc de nouvelles questions afin d’innover dans nos actions.
Viviane Namaste, Chaire de recherche sur le VIH/SIDA et la santé sexuelle, Professeure agrégée Institut Simone-de-Beauvoir Université Concordia

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