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Des revues en résistance

Des revues en résistance
Photo: Relations

Cette semaine, j’ai attaché mes petites bottes et sorti mon calepin pour aller assister à une conférence fort intéressante intitulée «Des revues en résistance», au Centre St-Pierre. La question de départ était la suivante : «Quel rôle les revues d’analyse et d’idées jouent-elles dans la société québécoise actuelle?» Le journaliste Jean-François Nadeau animait les panelistes suivants : Léa Fontaine de la revue À bâbord!, Pierre Lefebvre de la revue Liberté et Jean-Claude Ravet pour la revue Relations.

Trois revues qui, à défaut d’être en compétition, ont plutôt choisi de s’unir pour créer des ponts et favoriser les rapports entre différents courants et idées progressistes. Leur but? Former des esprits critiques et reconstruire notre citoyenneté. Petit portrait de ces revues coup de cœur.
La revue Liberté se donne pour mission de «comprendre dangereusement». Elle traite des arts et de la politique, car selon Pierre Lefebvre, l’un est complémentaire à l’autre. La politique s’encre dans le concret, tandis que l’art imagine d’autres mondes possibles pour ne plus être contraint à la servilité du réel. Ainsi, pour la revue, l’art n’est rien de moins qu’une condition du politique.

La revue À bâbord! est autogérée et éditée au Québec par des militant.e.s, des journalistes indépendant.e.s, des rebelles de toutes sortes proposant une révolution dans l’organisation de notre société, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
La revue Relations œuvre, depuis 75 ans, à la promotion d’une société juste et solidaire avec les exclus et les plus démunis. Elle offre aussi une diversité de voix : chercheurs, acteurs sociaux, penseurs, artistes.

La résistance de ces revues s’exprime, d’une part, par les textes, mais aussi par le grand défi d’être distribuées et d’être lues, bref dans leur survie même. Mais, malgré leur grande pertinence, elles ne sont qu’une goutte d’eau dans l’univers médiatique. Et le manque de soutien gouvernemental est criant. L’État a intégré la logique du marché pour accorder ses subventions. Pour l’année 2015, Patrimoine canadien a accordé des subventions de 1,4 M$ à 7 Jours; 627523 $ à Échos Vedettes; 218721 $ à Allô Vedettes; 463299 $ au magazine Le Lundi; et 354197 $ aux recettes du magazine Ricardo. En 2013-2014, Coup de pouce a reçu 1 051 944 $; La Semaine, 1 068 725 $; et TV Hebdo, 1 500 000 $. Patrimoine canadien explique ainsi sa méthode de subventions : «Plus le nombre d’exemplaires vendus d’un périodique est élevé, plus le financement est important». La distinction entre «intérêt public» et «intérêt du public», ils s’en torchent le rond de cuir. Que ces magazines participent à l’uniformisation de la pensée n’est guère une préoccupation.

Liberté, À bâbord! et Relations mènent un même combat avec différentes approches complémentaires: faire de ce monde une maison commune. N’hésitez pas, abonnez quelqu’un que vous aimez. Ou encore mieux : votre voisin réactionnaire qui écoute LCN.

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