Perte de billet, pas de trajet
3 h. Autobus de nuit. Après quelques minutes de trajet, le véhicule s’arrête, huit inspecteurs entrent en trombe en demandant les titres de transport. Je cherche mon billet, dans mes poches, autour de moi, rien. (J’ai habituellement une carte mensuelle, mais le début du mois a été difficile, j’ai dû me contenter d’acheter des billets.)
Des gens ramassent des billets par terre. Un inspecteur me regarde et me dit que si je n’en trouve pas un valide, «je suis out». Alors, ils me regardent essayer de trouver le billet qui m’appartient. Aucune aide de leur part. Résultat : à 3 h, je suis seule avec mon copain, le prochain autobus est dans 30 minutes, il fait noir et il fait froid, je n’ai plus d’argent sur moi pour le prochain passage. Mais ça, comme ils me l’ont spécifié, «ce n’est pas de leur problème». Ah oui, j’ai maintenant dans mes poches une contravention de 214 $.
Je peux comprendre l’utilité d’une telle opération dans le métro. Mais dans l’autobus? Il y a une porte, un chauffeur à l’entrée… Comment peut-on entrer sans payer? Évidemment que j’avais donné mon billet!
La Société de transport de Montréal investi en publicité pour convaincre les Montréalais d’utiliser ses services. Et voilà qu’elles les punit avec des mesures répressives. Un moyen de se faire plus d’argent? 214 $!!! Je vous rappelle qu’un passage est de 2,75 $… Un ticket de stationnement est de 42 $! Ils n’y vont pas un peu fort??
Quoi qu’il en soit, si ma contestation est refusée, il est clair que je ne paierai jamais 214 $. Faites-moi-le payer en heures bénévoles, mais jamais je ne verserai 214 $ de plus à cette organisation qui profite déjà beaucoup de ses utilisateurs, selon moi. Ce n’est sûrement pas pour la sécurité de la population que des opérations du genre sont effectuées en pleine nuit. Les inspecteurs ont totalement manqué de jugement et de respect. D’ailleurs, j’ai dû m’expliquer avec le chauffeur pour entrer dans le prochain autobus, et cette fois-ci, j’ai vraiment dû entrer sans payer. N’est-ce pas un peu contradictoire?
Léonie Lévesque, usagère