Le Canada joue au hockey … Et les autres?
Le tournoi de hockey olympique nous procure de belles émotions depuis son début. Lorsque je dis belles émotions, cela n’implique pas que le calibre de jeu soit à la hauteur de ce que nous avions imaginé. Pour être réaliste, il faut se rendre à l’évidence que ce ne sont pas des équipes au sens sportif du terme qui sont présentes à Vancouver. Les noms cousus sur les chandails sont impressionnants de prime abord, mais le hockey considéré en tant que sport collectif ne peut reposer uniquement sur la réputation «des individus», comme dirait le coach Martin.
Le fait que chacun des athlètes choisis pour porter les couleurs de leur nation ait mis de côté une carrière de hockeyeur professionnel pourrait aisément expliquer le manque flagrant de cohésion du spectacle offert. Les professionnels occupant désormais toute la place aux Jeux, les programÂmes olympiques de dévelopÂpement ont été abolis, ce qui a eu pour résultat que les pays ne disposent plus de plusieurs années pour structurer une équipe, mais plutôt de quelques jours. Avec un tel délai, il est impossible de bâtir des équipes dignes de l’Olympe. En comparant ce qui nous a été annoncé et ce qui nous a été livré jusqu’à présent, nous pouvons honnêtement qualifier le produit offert d’irrespectueux pour les fidèles partisans.
Cela dit, et au-delà de toutes ces considérations, il reste la fierté des nations présentes à défendre. Pendant que les porte-couleurs des équipes favorites semblent se battre pour défendre l’honneur de leur pays, déployant une énergie puisée dans un sentiment patriotique omniprésent, nos portes-couleurs canadiens semblent faire un sacrifice bénévole peu motivant en jouant simplement au hockey. En 2010, arborer une feuille d’érable sur un «gilet» n’a plus l’effet terrorisant du bon vieux temps sur l’adversaire. Il va falloir y mettre de la conviction pour se couvrir d’or.
– Yannick Guégano, Terrebonne