La victoire au féminin: Trois femmes et leur bataille
Témoignages de femmes qui, chacune à leur manière, mènent une petite bataille.
Annika Sörenstam, la plus grande golfeuse de l’histoire
«Plus jeune, je n’ai jamais pensé devenir golfeuse. Je viens d’une petite ville où être une star du golf ne faisait pas partie des perspectives d’avenir. «Il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes sur le plan des habiletés nécessaires pour être un bon golfeur. Il faut avoir un bon élan, savoir rebondir après un mauvais coup et évaluer correctement les coups longs et courts.
Le talent est important, bien sûr, mais pour obtenir du succès, il faut aussi se consacrer à son sport. «J’ai joué sur le circuit masculin en 2003 parce que je voulais me mesurer aux meilleurs. C’est pour cette raison que j’ai décidé de participer à un tournoi de la PGA. J’avais remporté le Grand Chelem de la LPGA [circuit féminin] et j’étais prête à pousser mon jeu un cran plus haut.
Gagner 10 tournois majeurs de la LPGA et jouer avec les hommes ont été les deux hauts faits de ma carrière. J’ai appris beaucoup de choses en prenant part à un tournoi masculin, notamment à être efficace sous la pression. Et j’ai gagné en confiance. Non pas que j’en manquais, mais cette expérience m’a rendue plus forte. La leçon que je tire de tout cela est que, si on travaille fort, les résultats suivent.
«J’ai aimé chacune de mes victoires au golf, mais tout ce qui est nécessaire pour parvenir à de tels résultats ne me manque pas. J’ai un goût marqué pour la compétition, et aujourd’hui, j’utilise ce trait de caractère dans les affaires plutôt que sur un terrain. J’ai appris à ne pas avoir peur des difficultés, car le succès n’est jamais facile à obtenir. Je n’ai pas peur non plus de faire des erreurs et je m’efforce sans cesse de m’améliorer.
«Ma carrière de golfeuse m’a comblée au-delà de toute attente. Aujourd’hui, à 38 ans, j’ai une fillette d’un an et une nouvelle carrière; je gère l’école de golf Annika. Je me suis éloignée du milieu du golf professionnel, mais je croise de temps en temps d’anciens adversaires. Ils me disent que je leur manque et que le golf a besoin de moi, des choses comme ça.»
Kat Hodge, Miss Angleterre et militaire
«Plus jeune, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie. Quand j’ai eu 17 ans, mon frère m’a mise au défi d’entrer dans l’armée. J’étais très féminine, alors il ne croyait pas que j’y arriverais. Je me suis donc présentée au camp d’entraînement de base maquillée et en talons hauts, pour ainsi dire par principe.
C’est de là que me vient mon surnom: Combat Barbie. J’ai trouvé l’entraînement vraiment difficile, particulièrement sur le plan physique, mais au bout du compte, ç’a été très enrichissant. Les gars me traitent en égale, et les gens seraient étonnés de voir combien de filles tout à fait féminines sont dans les Forces armées. Et elles font de l’excellent boulot. On n’a pas besoin de
ressembler à une version femelle de Rambo pour être une soldate. Ce qui importe le plus, c’est la capacité à travailler en équipe. «Je suis en congé de l’armée depuis que j’ai été élue Miss Angleterre, en septembre dernier. Certaines personnes prétendent qu’on ne peut être à la fois militaire et mannequin. J’ai bien l’intention de continuer à faire les deux afin de démontrer à ces personnes qu’elles ont tort. Dans le milieu de la mode, les gens sont très intrigués par l’armée et me posent beaucoup de questions.
«Je ne me considère pas comme un modèle; je veux simplement prouver aux gens que rien n’est impossible. Par contre, en ce moment, les jeunes femmes n’ont pas vraiment de bons modèles à suivre… Ma mission est peut-être de leur montrer concrètement ce qu’elles peuvent faire de leur vie.»
Kelly Rowland, ex-membre de Destiny’s Child
estime. «L’adolescence est une période difficile pour les femmes. Pour ma part, j’ai vécu une crise d’identité. Comme la plupart des filles, je m’inquiétais beaucoup de mon poids et des vêtements que je portais. Je ne sais pas pourquoi les filles sont si méchantes entre elles. Elles sont toujours en train de se juger les unes les autres! J’ai déjà eu l’habitude de me demander à propos des filles que je cotôyais : « Qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas? »
«Pourtant, les femmes ne devraient pas se sentir intimidées par leurs consÅ“urs. Elles devraient plutôt prendre conscience que chacune possède des atouts. C’est le message que tente de diffuser mon nouvel organisme, I Heart My Girlfriend [ J’aime mon amie], qui aide les femÂmes ayant une piètre estime de soi. «J’ai énormément appris auprès de MichelÂle et de Beyoncé [ses ancienÂnes partenaires de Destiny’s Child], et nous nous aimons encore beaucoup.
Pour l’instant, I Heart My Girlfriend est ma priorité. Je veux que cet organisme prenne de l’ampleur, car les femmes représentent une force importante qu’on doit reconnaître. J’ai très hâte de commencer à prononcer des conférences et à offrir des séminaires! Mais je ne veux pas que les femmes apprennent de moi. Ce que je veux, c’est qu’elles apprennent à s’aimer.
«Ma mère travaillait constamment. Elle était gardienne d’enfants et s’occupait donc des gamins des autres. Elle m’a toujours dit qu’elle m’aimait. Mon père était alcoolique. Ma mère l’a quitté pour me protéger, même s’il aurait été plus facile pour elle de rester avec lui. Il est primordial que les parents montrent à leurs enfants qu’ils les aiment. Ainsi, les remarÂques des autres jeunes les blesseront moins.
«Par ailleurs, comme je suis chrétienne, je crois que Dieu a choisi la voie que je devais suivre. Cette certitude rend les situations de rejet plus faciles à encaisser. Je fais de mon mieux, et si une chose que je souhatais ne se produit pas, je sais que c’est parce qu’elle n’est pas censée se produire et que Dieu m’offrira une autre possibilité.
«J’enregistre présentement mon troisième album, et mon inspiration me vient dans les circonstances les plus inattendues. Récemment, j’ai rencontré 10 vieilles dames dans un restaurant. Elles m’ont confié qu’elles étaient amies depuis 40 ans. Je me suis dit : « Voilà qui est parfait pour mon disque! »
«Quand je suis heureuse, je chante Walk With Me, Lord, un vieux negro-spiritual que Michelle m’a appris. Beyoncé, Michelle et moi avions l’habitude de le chanter sur scène tous les soirs; et nous pleurions en constatant où nous nous étions rendues. Je continue de la chanter pour moi-même, à la maison.»