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Haïti est toujours en état d'urgence

Alexandre Zalewski - Métro France en Haïti

«Ça avance vers le pire!» C’est Kerbi, responsable du centre de soin de Médecins du Monde dans le quartier de Miron, qui  lâche ce commentaire lapidaire. Six mois après le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 200 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abri, Port-au-Prince reste une ville dévastée.

Pourtant, les choses évoluent et la vie reprend peu à peu. «Compte tenu des petits moyens mis en Å“uvre, la démolition a énormément avancé», explique Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti. Soixante-dix pourcent des élèves de Port-au-Prince ont repris le chemin de l’école. «On a déjà déplacé 10 000 personnes qui vivaient dans les zones dangereuses, explique David Wimhurst, le directeur des communications de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en Haïti (Minustah), et on va cons-truire 125 000 abris transitionnels en bois et en tôle pour remplacer les tentes d’ici  la fin de l’année.»

Mais le chantier est immense. «Il y a 20 millions de mètres cubes de débris à déblayer. À ce jour, seul un demi-million de mètres cubes a été évacué», poursuit le représentant de la Minustah. Pourtant, après le séisme, la communauté internationale s’était fortement mobilisée. Mais la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, chargée de superviser l’utilisation de l’aide promise (10 G$ sur cinq ans), vient à peine de tenir sa première réunion.

«Et l’outil qui va permettre de mettre en Å“uvre ces fonds n’est même pas créé», explique Philippe Bécoulet, président du CLIO (Cadre de liaison inter-ONG). Pour lui, «ce sera bien si on arrive en 12 mois à avoir les structures adéquates.» Les Haïtiens devront donc  prendre leur mal en patience et espérer que la saison cyclonique n’apporte pas son lot de nouvelles catastrophes.

Petites victoires

épidémies. S’il y a lieu d’être pessimiste concernant la reconstruction d’Haïti, la communauté internationale a toutefois quelques raisons de se réjouir. «On avait annoncé des catastrophes humanitaires et des épidémies : elles n’ont pas eu lieu», explique Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti. Même son de cloche de David Wimhurst, de la Minustah. Un succès qui s’explique par la présence de nombreuses ONG sur le terrain.

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