Cinq ans après Katrina, la Nouvelle-Orléans se relève
Le 29 août 2005, Katrina frappait la côte du golfe du Mexique. À La Nouvelle-Orléans, l’ouragan a laissé 80 % de la ville sous l’eau. La Mecque du jazz est rapidement devenue un lieu de dévastation et de misère humaine. Cinq ans et des dizaines de milliards de dollars plus tard, la ville est à nouveau sur ses deux pieds.
Patricia McElveen n’avait pas d’autre maison que La Nouvelle-Orléans. Elle est née et a été élevée dans cette ville. Elle s’y est mariée et elle y a élevé ses enfants. Mais le 28 août 2005, elle a du quitter son chez-soi. «Ma famille et moi avons suivi les avis d’évacuation de la ville, explique-t-elle. Nous sommes arrivés au Texas le lendemain, le jour où Katrina frappait La
Nouvelle-Orléans. Mon fils m’a appelée et il m’a dit que 20 pieds d’eau entouraient ma maison.»

Katrina a tué 1 464 personnes et a laissé 80 % de La Nouvelle-Orléans sous l’eau. L’ouragan a aussi détruit les digues à 53 endroits différents. Des rapports ont ensuite signalé que les deux tiers des dégâts avaient été causés par le bris de ces digues. Katrina a été nommé par plusieurs la pire catastrophe naturelle des États-Unis. «J’étais complètement sous le choc, se rappelle Laura Claverie, une journaliste de La Nouvelle-Orléans. On avait une des plus belles villes américaines et, soudainement, 160 000 maisons ont été détruites. Il y avait des soldats à chaque coin de rue pour protéger la ville. Je crois que je les aimerai toute ma vie!»
Incapables de suivre les avis d’évacuation, quelque 25 000 personnes se sont réfugiées au Superdome, le gigantesque stade de l’équipe de football des Saints. L’endroit est vite devenu un lieu de désolation quand l’électricité et l’eau ont été coupées. Un mois après le passage de Katrina, Patricia McElveen et son mari Wendell sont revenus chez eux, dans le quartier de Lower Ninth Ward. «La ville était lugubre et sans vie, se souvient-elle. Personne ne savait quoi faire. Ce que les gens à l’extérieur de la ville et du pays n’ont pas réalisé, c’est qu’il n’y avait pas que des gens défavorisés et désespérés au milieu du drame; il y avait aussi des familles bien établies ou des propriétaires de commerces. Katrina a ruiné leur vie aussi.» Le couple a alors choisi de rester à McKinney, au Texas. Plusieurs ont aussi fait le choix de quitter La Nouvelle-Orléans, qui a perdu la moitié de ses 455 000 résidants entre 2005 et 2006.
Quand Sara Ann Luer, une étudiante du collège, est arrivée dans le Lower Ninth Ward pour aider à la reconstruction, au début de 2007, la misère était encore bien présente. «Ça ressemblait à un terrain post-apocalyptique, raconte-t-elle. Le quartier était presque entièrement désert, et les squelettes des maisons étaient les seuls indicateurs que des familles y avaient habité. À l’intérieur des murs, on trouvait des photographies, des bijoux ou des jouets, tous couverts de saleté.»
Cinq ans et 1 201 milliards de dollars plus tard, La Nouvelle-Orléans est une ville transformée. AujourÂd’hui, 80 % de ses habitants sont revenus. Les compagnies s’y développent à un rythme plus important que dans le reste du pays. Dans les cinq dernières années, le revenu moyen des résidants a grimpé de 14 %, pour rejoindre la moyenne nationale pour la première fois depuis 25 ans. «Nous avons de nouveaux acteurs très importants, comme le maire, le chef de la police et le conseil de ville, explique Laura Claverie. La route est encore longue vers la reconstruction complète, mais nous allons dans la bonne direction.»