La ville comme un terrain de jeu
Les jeunes citadins veulent tous avoir le nouvel iPad ou une plus belle voiture, n’est-ce pas? Ils collectionnent les signes extérieurs de leur statut social. C’est le stéréotype de leur génération. Pourtant, la façon dont ils consomment, ainsi que les raisons pour lesquelles ils le font, est en train de changer, comme le révèle notre Metropolitan report.
Ce que les jeunes citadins aiment le plus de la vie urbaine, ce sont les loisirs, le sentiment de liberté individuelle et le dynamisme culturel. Pas les centres commerciaux ni les déjeuners d’affaires. Ils préfèrent l’art au commerce, les amis à la solitude, l’environnement à un ego surdimensionné. Ils sont «postmatérialistes».
Ils ont encore de l’ambition. Cependant, d’après le rapport, ils considèrent que la culture est un nouveau symbole de statut social et ils s’ouvrent sur l’extérieur au lieu de se replier sur eux-mêmes. Autrement dit, ils vont se procurer le nouvel iPad, mais ils s’en serviront pour former des groupes environnementaux, déclencher des révolutions ou faire de l’art (entre deux parties du jeu Angry Birds!).
«La culture en tant que symbole de statut social, ça n’a rien de nouveau, soutient Arnold L. Lehman, directeur du Musée de Brooklyn, à New York. Pendant des siècles, la culture a été le fief de l’élite. De nos jours, en raison de leur exposition dans les médias de masse et de leur plus grande accessibilité, les arts sont à la portée de presque tous ceux qui veulent les pratiquer.»
«Je ne suis pas étonné que le public accorde autant d’importance à la culture, précise Richard Armstrong, directeur du musée de la fondation Solomon R. Guggenheim de New York. Nous savons depuis toujours que l’homme ne vit pas que de pain. En voici la preuve. La beauté est en elle-même une sorte de nourriture spirituelle.»
De fait, on voit surgir depuis quelque temps une nouvelle génération d’artistes autoproclamés. Au total, 67 % des citadins interrogés estiment qu’ils sont créatifs, tandis que 66 % d’entre eux composent de la musique, peignent, chantent ou écrivent au moins une fois par semaine. Parfait, mais ces résultats soulèvent une question: vit-on désormais dans un monde «artistique» où chacun a la possibilité de s’exprimer, ou plutôt dans un monde surpeuplé de gens qui rêvent de devenir des vedettes populaires?
Qui n’aimerait pas croire à une «économie de la création», qui permettrait à une personne de gagner sa vie grâce à une idée artistique audacieuse? La majorité des habitants de Tokyo (88 %) affirment faire de l’art. Mumbai, São Paulo, Beijing, New York et Londres sont les cinq villes les plus mordues de culture. Chacune d’elles est florissante.
Une dernière statistique impressionnante : 71 % des personnes intérrogées ont visité une institution culturelle au cours de la dernière année. Imaginez que ces gens se rallient pour créer quelque chose de gros ensemble, comme une Å“uvre d’art commune. Ça vous intéresse? Ce serait génial sur un iPad.
Le Metropolitain Report a été réalisé en ligne entre le 15 janvier et le 15 février par United Minds pour le compte de Métro. La marge d’erreur est de 0,8 % 19 fois sur 20.
- Vox pop
Quel est l’événement culturel le plus important dans votre ville?
Lasse Ryberg Hansen, 24 ans, Copenhague
«Le festival Distortion, la plus grande fête extérieure de la Scandinavie. Quoi de mieux que plus de 60 fêtes dans les rues pendant 5 jours?»
Ariel Yañez, 24 ans, Mexico
«Le carnaval de la fierté gaie. C’est une célébration exceptionnelle de la tolérance, et les rues sont littéralement bondées de gens heureux, joyeux.»
Réka Poszuk, 21 ans, Budapest
«Le festival du printemps, la principale manifestation culturelle annuelle de la ville. J’aime particulièrement les spectacles de danse folklorique.»