Pour un nouveau parti
«Si la tendance se maintient» et si les appuis à M. Layton se fortifient encore, il est plausible que le NPD ait le plus grand nombre de députés lundi et qu’il forme le gouvernement, avec l’appui du Parti libéral. Comment M. Ignatieff réagirait-il alors, lui qui s’est toujours déclaré opposé à l’idée d’une coalition? Il aurait probablement du mal à se renier de la sorte. C’est dommage, car il aurait fait un excellent ministre des Affaires étrangères dans un gouvernement Layton.
Je n’ai jamais trop compris cette position du chef libéral, qui avait pour effet d’accréditer la volonté du chef conservateur de démoniser l’idée même de coalition. M. Layton, lui, s’est toujours prononcé en faveur de cette option, et cela ne semble pas l’avoir desservi. En démocratie parlementaire, la coalition de plusieurs partis minoritaires demeure une possibilité tout à fait légitime. Même la Grande-Bretagne est dirigée en ce moment par une coalition.
De toute façon, après le 2 mai, il risque d’être davantage question, à l’agenda du Parti libéral, de fusion que de coalition. L’examen de cetten suggestion, avancée il y a quelques mois par ce fin stratège qu’est Jean Chrétien, va devenir incontournable et, espérons-le, mener à la création d’un nouveau parti «libéral-démocrate», qui pourra aspirer à devenir majoritaire après de futures élections.
– Christian Feuillette, Montréal