«Magasiner» un nouveau pays!

Je ne sais pas si c’est le cas pour vous, mais dans mon entourage, de plus en plus de gens sont tannés de payer des impôts très élevés dans une société qui ne va nulle part. Ceux qui en ont les moyens veulent s’installer ailleurs. Les moins fortunés, eux, ils verront passer la parade!

Tenez, l’autre jour, j’ai repris contact avec une amie que j’avais perdue de vue il y a plus de six ans. Lors d’un lunch de retrouvailles, mon interlocutrice m’a paru plus pessimiste, elle qui d’habitude déborde d’enthousiasme et ne rate aucune occasion pour aider son prochain. Eh bien, elle est devenue morne! J’ai fini par lui souffler, presque gêné, pourquoi tant de pessimisme? Sa réponse fut brève et éloquente.

Pour mon amie, le Québec et le Canada dans toutes leurs grandeurs lui paraissent soudainement hostiles et stressants. Venant d’une personne choyée par la vie, ça m’a estomaqué! Elle trouve qu’ici, plus tu travailles, plus tu te fais plumer par le fisc! Pis, les gens ne veulent plus se battre pour changer les choses. Chacun creuse son trou et devient de plus en plus insensible à ce qui se passe autour de lui. En gros, les gens ne s’indignent plus et ne veulent pas s’engager dans leur société.

Et mine de rien, plusieurs personnes de l’entourage de cette amie tombent au combat de la vie, presque chaque année. Stress, maladies dégénératives, etc. Pourquoi? Elle a une réponse toute faite à cette malédiction. Les gens sont tristes ici, car ils n’arrivent plus à s’amuser. Trop de consommation futile, trop de boulot, trop de charges familiales et trop d’impôts!

Au milieu de notre repas, mon amie retrouvée m’a avoué qu’elle est en train de magasiner un nouveau pays. Oui, vous avez bien lu, un pays! De préférence, dans le Sud, où il fait beau presque tout le temps et où on paie peu ou pas d’impôts. D’ailleurs, plusieurs pays font les yeux doux aux gens aisés pour venir s’installer chez eux. Si tu décides d’y résider plus de la moitié de l’année et qu’en plus tu achètes une maison, c’est le nirvana, au sens propre comme au figuré.

Et puis notre discussion a bifurqué sur les autres choses de la vie. Songeur, en quittant le restaurant, je me suis rappelé ces reportages des médias en Europe au sujet de la ruée vers le Maroc. [Lire aussi ma chronique: Le émigrés fiscaux] Figurez-vous, plusieurs retraités français décident de s’installer au royaume qui ne lésine plus, lui non plus, sur les incitatifs. Abattement fiscal et presque pas d’impôts. Imaginez-vous, sur une retraite de 2000 euros, par exemple, un exilé fiscal ne paie qu’un impôt de 700 euros par an, des pinottes, sans oublier le coût de la vie qui est très bas!

Pour vous dire, avec la fuite des capitaux, les délocalisations, les paradis fiscaux et ces riches qui veulent fuir l’ennui et qui magasinent un autre pays pour y écouler une retraite dorée, dans quelques années, à votre avis, qui paiera au Québec pour financer les 30 milliards de la santé et autres 16 milliards de l’éducation?

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.