Revers dans les négociations de paix en Colombie
BOGOTA — Le président de la Colombie affirme que de nouvelles attaques perpétrées par des rebelles mercredi l’ont poussé à rappeler le principal négociateur du gouvernement dans les pourparlers de paix avec le dernier groupe rebelle actif dans le pays, un revers dans les efforts visant à mettre fin aux violences politiques qui affligent la Colombie depuis un demi-siècle.
Les attaques sont survenues quelques heures après l’expiration d’un cessez-le-feu bilatéral temporaire considéré comme une importante avancée dans la réduction des violences et la conclusion d’une paix durable en Colombie.
Les rebelles de l’Armée de libération nationale (ELN en espagnol) et des représentants du gouvernement avaient exprimé l’espoir de parvenir à un nouvel accord de cessez-le-feu prolongé lors des discussions qui devaient commencer mercredi en Équateur.
«De façon inexplicable, l’ELN a non seulement refusé, mais a relancé ses attaques terroristes ce matin», a déclaré le président Juan Manuel Santos lors d’un bref discours télévisé, mercredi. «Le jour même où de nouveaux pourparlers devaient être lancés.»
Le président a indiqué qu’il avait demandé au négociateur en chef Gustavo Bell de revenir immédiatement de Quito pour «évaluer l’avenir du processus», et a ordonné à l’armée colombienne de répliquer avec force à toute nouvelle agression.
Dans un communiqué, la délégation de négociateurs gouvernementaux a déclaré qu’il y avait eu quatre nouvelles attaques mercredi, notamment un tir de grenade visant des marins. La principale société pétrolière du pays a annoncé qu’il y avait eu «une possible attaque» contre un oléoduc à Aguazul, à environ 300 kilomètres de la capitale, Bogota.
Les négociateurs de l’ELN ont affirmé que ces attaques étaient survenues «au coeur d’un conflit complexe» et ne devraient pas altérer le déroulement des négociations. Ils ont réitéré leur engagement à conclure un nouveau cessez-le-feu qui permettrait de «surmonter les difficultés du précédent».
Une porte-parole de la délégation gouvernementale a indiqué que le rappel de M. Bell ne signifiait pas que les pourparlers avaient été suspendus, précisant qu’il s’agissait plutôt d’un «appel à consultation».