Consultation sur le racisme à Montréal: des citoyens à la recherche de 15 000 signatures
Le greffier de la Ville de Montréal a autorisé le 27 mars un groupe de citoyens à aller de l’avant avec leur demande de consultation publique sur le racisme systémique dans la métropole.
Ces citoyens auront 90 jours à partir du 17 avril pour recueillir 15 000 signatures pour forcer l’administration de Valérie Plante à tenir cette consultation.
«On pourrait avoir besoin de ces signatures, mais l’administration a le pouvoir de mandater l’Office de consultation publique de Montréal sans la pétition», a rappelé mercredi Balarama Holness, un ancien candidat de Projet Montréal, qui est à l’origine de la demande.
Pour l’heure, l’administration Plante ne souhaite pas lancer de consultation publique. «Notre administration est particulièrement proactive sur le sujet de la diversité et de la lutte aux discriminations», a mentionné la responsable de la diversité au comité exécutif, Magda Popeanu, rappelant le mise sur pied récente d’une Table de la diversité pour s’attaquer à divers enjeux d’inclusion des minorités.
Selon Balarama Holness, c’est un pas dans la bonne direction, mais une consultation publique aurait un mandat différent. «On ne va pas changer notre parcours en se basant sur les politiques de la Ville. On touche plusieurs facettes auxquelles cette table ronde ne touche pas, comme les crimes haineux, l’accès à la justice et l’accès à la culture et au sport», a-t-il souligné.
La Ville a fait un pas vers l’avant important en adoptant les recommandations du rapport sur le profilage racial et social. Reconnaître qu’il y a un problème est la première des choses. Maintenant les conseillers doivent implanter ces recommandations avec des projets concrets.» – Balarama Holness, réagissant sur l’adoption de 31 mesures contre le profilage racial par l’administration.
Le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, a ajouté qu’une consultation, par son caractère publique va «favoriser le débats, les échanges et la sensibilisation du public sur ces enjeux».
Dans le projet de pétition, le groupe demande de ratisser très large dans cette consultation publique. Les questions de l’accès au logement, les crimes haineux, la criminalisation des jeunes des communautés racisées et la représentativité dans les manifestations culturelles devraient notamment être traitées. «Les crimes haineux ne semblent pas être sur le radar de la Ville et sont de plus en plus préoccupants», a illustré M. Niemi.
Ce dernier a insisté sur le fait que la Ville doit obliger toutes les entreprises qui décrochent de ses contrats à se soumettre à la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi. «En 2017, on parle d’un total de 22 000 contrats émis aux entreprises privées, pour un total de 933 M$, a-t-il rappelé. Imaginez comment une politique contractuelle pourrait étendre l’accès à l’égalité en emploi vers le secteur privé.»
Même si la Charte canadienne des droits et libertés interdit la discrimination à l’embauche, seules les entités publiques sont soumises à la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi.