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Génération Chilly Gonzales

Photo: Alexandre Isard

Butinant de l’électro et du rap orchestral au piano classique, le showman Chilly Gonzales s’assure de nous en mettre plein la vue.

SoCalled, Tiga, Katie Moore…Pour le pianiste virtuose d’origine montréalaise Chilly Gonzales (Gonzo pour les intimes), présenter son célèbre «piano talk show» dans sa ville natale lui permet de renouer avec des amis musiciens de longue date. «Peaches sera elle aussi en ville en même temps, et j’ai toujours dit qu’on est tous sur le conseil d’administration de chacune de nos compagnies. On n’est pas un groupe, mais on reste toujours vraiment proches», souligne un Gonzo très chaleureux lorsqu’on le joint à Cologne, où il a récemment déménagé «pour des raisons personnelles» après avoir habité Paris et Berlin afin de faciliter l’essor de sa carrière.

À 40 ans, l’artiste ayant entre autres collaboré avec Drake, Feist et Daft Punk carbure toujours aux défis créatifs. Certains le connaissent comme un rappeur avec orchestre bourré d’autodérision, d’autres comme producteur électro-pop provocateur et quelques-uns pour avoir fracassé le record Guinness de la plus longue perfo solo au piano (27 heures!). Mais peu importe le projet, ce pianiste de formation classique cherche tout d’abord à adapter ses compositions pour les rendre pertinentes aux yeux d’une nouvelle génération. Il n’est donc pas surprenant que son nouvel album de jolies mélodies au piano, Piano Solo #2, propose des morceaux de trois minutes formatés selon le modèle de la pop.

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Homme de son temps
«C’est ce qui s’impose naturellement à moi, défend Gonzo. J’ai grandi en regardant MTV. Je décroche après quatre minutes comme la plupart de mes proches. Je suis le produit du monde dans lequel nous vivons et je n’aurais pu faire autrement. Pour moi, la musique, c’est quelque chose que je communique à ma génération.»

En effet, même si ses disques précédents relevaient de propositions plus conceptuelles et audacieuses (marier le rap avec l’orchestre ou mettre de l’avant le piano comme instrument électronique avec le producteur Boys Noize), le but ultime de Piano Solo #2 demeure le même : convaincre son public et s’assurer que ses fans s’identifient à la musique. «C’est un peu démodé de le dire, mais l’idée d’être un entertainer, c’est que le public a raison, affirme celui qui garde toujours ses fans en tête lorsqu’il compose en studio. Si le public n’est pas touché, c’est que je n’ai pas bien fait mon travail.»

En vue de son passage à Pop Montréal, l’artiste, qui répète souvent être à son mieux sur scène plutôt que sur disque, nous promet un concert intimiste livré avec humour, spontanéité et caméra braquée sur ses mains – afin de démystifier son légendaire doigté. «Même si je sors des albums très différents, on me retrouve toujours sur scène. J’utilise la formulation “piano talk-show” depuis 2007 pour prévenir mon public de ne pas s’attendre à un récital de piano sage à cause de mes albums de compositions solos!»

À L’Olympia
Samedi à 20 h

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