François Massicotte : Constance humoristique
François Massicotte l’affirme : le public québécois ne lui porte pas un amour aussi fort, passionné et inconditionnel qu’il porte à des humoristes comme Lise Dion ou Jean-Michel Anctil. «C’est peut-être parce que je peux paraître froid quand on ne me connaît pas et que je ne suis pas le chouchou des médias», explique-t-il.
N’empêche, la carrière de François Massicotte n’a rien d’un feu de paille et n’a jamais connu de creux. Le comique a 20 ans de carrière derrière lui, une émission, 450, chemin du golf, qui aura été en ondes pendant sept ans et un cinquième spectacle, Massicotte no 5, dont la première montréalaise aura lieu mardi. Le parcours de François Massicotte est d’une étonnante stabilité, et c’est peut-être ce qui fait sa grande force tranquille.
Êtes-vous surpris de présenter votre cinquième one man show?
Oui, parce que quand j’ai commencé à l’École de l’humour, que j’ai fait la tournée Juste pour rire, que j’ai fait les premières parties de Céline Dion et qu’ensuite, j’ai eu mon premier show, je me disais toujours : «C’est peut-être la dernière chose que je vais faire». Finalement, ça va toujours bien, la réponse est toujours bonne et j’ai toujours envie de monter sur scène.
À quoi les gens peuvent-ils s’attendre avec votre nouveau spectacle?
C’est un spectacle plus simple. C’est plus une conversation avec le public sur des sujets qui vont chercher tout le monde. C’est un défoulement et un délire collectifs. J’ai du fun avec le monde et je sens dans ce show-là que ça rit vraiment sincèrement, beaucoup plus que dans mes autres shows. C’est peut-être parce que c’est mon cinquième spectacle et que je suis davantage à l’aise sur scène.
Quels sujets abordez-vous dans Massicotte no 5?
Je parle des cocus. Aujourd’hui, je trouve qu’il y en a de plus en plus. Je parle des échangistes, j’essaie de comprendre comment ça marche. Il y a un numéro sur la Wii. Je parle aussi de mes frustrations, comme aller chez Subway et que la madame me pose cent mille questions pour un sandwich. Après, je l’imagine quand elle est chez elle en train de faire l’amour avec son chum et qu’elle lui pose les mêmes questions!
Ça fait 20 ans que vous faites de l’humour. Qu’est-ce qui a évolué dans ce milieu au Québec?
Maintenant, on peut tout faire et je trouve ça vraiment trippant. Jean-François Mercier est arrivé cet été au Festival Juste pour rire avec un conte de Noël dramatique, touchant, pas
vraiment drôle. Il m’a complètement surpris, il est allé quelque part où je ne pensais pas que quelqu’un pouvait aller. André Sauvé fait aussi quelque chose de complètement différent. Il n’y a plus de limites, tu peux être drôle de 50 millions de manières.
Et votre humour, en 20 ans, comment a-t-il évolué?
Ça reste le mien, mais il a évolué dans son efficacité et dans sa simplicité. Je me compare à Saint-Hubert, quand tu t’en vas là, tu sais ce que tu vas avoir. On ne veut pas que Saint-Hubert rénove complètement son menu et fasse son poulet différemment. Je me sens un peu comme ça, mais je ne sers pas du réchauffé. Je ne choquerai pas personne, je ne serai pas vulgaire, mon style n’est pas compliqué, je suis là pour divertir et faire rire intelligemment.
Est-ce que c’est dur de voir les nouveaux humoristes qui arrivent et de tenter de garder sa place?
Tant que j’ai ma place, que je fais de nouvelles affaires et que ça ne va pas en baissant, c’est correct. J’ai déjà des supplémentaires, je suis complet dans plusieurs villes. Je n’ai jamais été plein à Victoriaville. Je fais deux soirs à Gaspé et je n’ai jamais fait ça. Juste ça, c’est plaisant. Quand j’avais 30 ans, je me comparais à Patrick Huard. Patrick, les gens «l’aiment». J’ai compris que les gens m’apprécient d’une autre façon.
450, chemin du Golf en est présentement à sa septième et dernière saison. Est-ce que c’est une déception pour vous, que le projet tire à sa fin?
Pas du tout, parce qu’après sept ans, on savait que ça allait achever. On savoure le tournage des derniers épisodes. Je sais que je vais m’ennuyer de la gang. Ç’a quand même duré sept ans, on peut considérer ça comme un succès.
Est-ce qu’il y a un autre projet télévisuel dans l’air pour vous?
Oui, on travaille sur d’autres choses avec l’auteur Jean-François Pedneault, Jean-Michel Anctil et Claude Legault. On aimerait continuer à travailler ensemble différemment, dans un autre format. Il y a un projet écrit. On le propose, et déjà, il y a de l’intérêt.