Soutenez

Qui fera pencher la balance aux Jutra?

Nous les avons regardés, nous les avons appréciés et nous les avons disséqués. Métro pèse le pour et le contre des quatre longs métrages en lice  dans la catégorie du Meilleur film.

Ce qu’il faut pour vivre

  • Réalisé par Benoît Pilon
  • Mettant en vedette Natar Ungalaaq, Éveline Gélinas, Paul-André Brasseur
  • Box-office: 288 400 $
  • C’est quoi? Au début des années 1950, Tivii, un chasseur inuit atteint de tuberculose, est déraciné et transporté dans un sanatorium de Québec pour se faire soigner. Loin des siens, il développera une amitié avec Kaki, un jeune patient inuit, et Carole, une infirmière charitable.
  • Contre: Pas grand-chose. Ce qu’il faut pour vivre ne faisait peut-être pas partie de la sélection officielle à la dernière cérémonie des Oscars, mais il a tout de même réussi à se tailler une place parmi les neuf semi-finalistes dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère. Et pour figurer sur cette courte liste, le premier long métrage de Benoît Pilon a réussi à se détacher d’un peloton de films comptant 65 candidats. L’Académie québécoise pourra difficilement ignorer ce tour de force au rayonnement international… quoiqu’elle l’ait fait – et avec raison – l’an dernier, en escamotant L’âge des ténèbres au profit de Continental, un film sans fusil.
    (par Marc-André Lemieux)

Maman est chez le coiffeur

  • Réalisé par Léa Pool
  • Mettant en vedette Marianne Fortier, Laurent Lucas, Céline Bonnier, Gabriel Arcand, Élie Dupuis, Hugo St-Onge-Paquin
  • Box-office: 426 200 $
  • C’est quoi? Été 1966, Élise, âgée de 15 ans, surprend son père et son partenaire de golf dans une situation d’intimité troublante. Elle en avise sa mère, qui décide de s’envoler pour Londres et de laisser ses trois enfants à un mari désemparé. Élise deviendra alors la femme de la maison et devra veiller sur tous, tout en essayant d’apprivoiser la colère qui gronde en elle.
  • Pour: Léa Pool signe ici une Å“uvre d’une grande sensibilité et d’une grande beauté. Elle réussit à insuffler son film une douce nostalgie qui n’est jamais trop lourde et qui nous fait voyager dans nos souvenirs d’enfance. Marianne Fortier y est touchante, se promenant aisément entre différents niveaux de jeu. Céline Bonnier y est, comme toujours, excellente. La magnifique trame sonore assure également le succès de cet exercice cinématographique qui nous restée longtemps en tête.
  • Contre: On ne sait pas ce qui pourrait empêcher Maman est chez le coiffeur de repartir avec le Jutra du Meilleur film, si ce n’est la grande reconnaissance internationale de Ce qu’il faut pour vivre. Excepté cet adversaire de taille, le film de Léa Pool a tout pour repartir avec les honneurs. À moins que son côté contemplatif et ses quelques clichés aient dérangé certains membres de l’Académie qui auraient préféré une chronique moins ensoleillée avec davantage de rythme.
    (par Geneviève Vézina-Montplaisir)

C’est pas moi, je le jure!

  • Réalisé par Philippe Falardeau
  • Mettant en vedette Antoine L’Écuyer, Daniel Brière, Suzanne Clément, Catherine Faucher
  • Box-office: 628 700 $
  • C’est quoi? Été 1968, Léon Doré, âgé de 10 ans, qui multiplie les tentatives de suicide, voit son univers déjà dérangé s’effondrer quand sa mère, qui étouffe dans sa famille, part s’établir en Grèce. Le père ne saura que faire de son enfant menteur et fauteur de trouble, qui avec la petite voisine Léa, fera tout pour acheter un billet d’avion pour aller rejoindre sa mère.
  • Pour: Cinéaste bourré de talent, Philippe Falardeau a encore réussi à nous raconter une belle histoire, celle-ci inspirée de deux romans auto-biographiques de Benoît Hébert. Il le fait cette fois avec une réalisation toute en retenue, mais très efficace. Ce que l’on retiendra aussi de ce film, c’est la surprenante performance du jeune Antoine L’Écuyer, qui porte l’Å“uvre sur ses épaules. C’est pas moi, je le jure! a remporté également quelques prix internationaux, et l’Académie québécoise adore Philippe Falardeau (Congorama avait tout gagné en 2007), ce qui lui confère une place enviable dans la course au Jutra du Meilleur film.
  • Contre: Malheureusement pour lui, C’est pas moi, je le jure! est sorti en salle quelques mois après Maman est chez le coiffeur, qui raconte à peu près la même histoire. La scénariste du film de Léa Pool étant la sÅ“ur de l’auteur des deux romans ayant inspiré le film de Falardeau, on ne peut que faire des comparaisons et constater que Maman est chez le coiffeur n’y gagne pas. Philippe Falardeau ne signe pas ici sa meilleure Å“uvre, laquelle se perd un peu en milieu de parcours.  
    (par Geneviève Vézina-Montplaisir)

Borderline

  • Réalisé par Lyne Charlebois
  • Mettant en vedette Isabelle Blais, Pierre-Luc Brillant, Angèle Coutu, Sylvie Drapeau, Marie-Chantal Perron
  • Box-office: 1 263 000 $
  • C’est quoi? Kiki en a vu de toutes les couleurs dans sa vie. Fille d’une mère internée et élevée par sa grand-mère dans un quartier pauvre de Montréal, l’enfant trouve son seul réconfort dans l’école. À l’âge adulte, c’est dans le sexe et l’alcool qu’elle s’évade.
  • Pour: Cette provocante adaptation des livres Borderline et La brèche, de Marie-Sissi Labrèche, compte sur une Isabelle Blais en grande forme. La comédienne se donne corps et âme dans le rôle d’une jeune femme troublée qui peine à donner un sens à son existence. La tête d’affiche du long métrage ne tombe jamais dans la caricature, et ce, en dépit du caractère excessif de son personnage. Lyne Charlebois signe une réalisation léchée, dynamique et pas du tout racoleuse. En mettant l’accent sur la beauté de certains plans, la cinéaste fait ressortir le côté tragique de l’histoire de sa protagoniste.
  • Contre: Le grand nombre de scènes explicites de sexualité rebutera peut-être certains membres de l’Académie, qui préféreront récompenser une production destinée à un public plus large. Par ailleurs, des quatre finalistes, Borderline est celui qui a pris l’affiche en premier, soit le 8 février 2008. Plusieurs membres de l’Académie n’en auront qu’un vague souvenir au moment d’enregistrer leur vote. Et à moins d’être un véritable chef-d’Å“uvre acclamé de tous, aucun long métrage n’est en mesure de garder le momentum de son côté pendant plus d’un an. La sortie prématurée du film joue définitivement en sa défaveur.
    (par Marc-André Lemieux)

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.