La maison de Saddam, portrait d'un tyran
Le 29 mars, à 20 h, Super Écran présentera la première partie de la minisérie La maison de Saddam, la version française de la coproduction de HBO et de la BBC House of Saddam.
La série brosse le portrait de l’ancien président et dictateur irakien Saddam Hussein, incarné par le comédien Yigal Naor, de sa prise du pouvoir en 1979 jusqu’à la fin de son règne, lequel se soldera par sa capture en 2003. La seconde partie de l’Å“uvre de quatre heures sera présentée le dimanche suivant, soit le 5 avril, à 20 h.
Tournée en Tunisie en 2008, La maison de Saddam a nécessité trois ans de recherche. L’équipe de recherchistes du projet est entrée en contact avec des gens qui ont connu directement le chef d’État pour construire un scénario fidèle à sa vie et à son cercle intime et restreint. Autant d’ex-alliés que d’anciens adversaires ont été interrogés et tout comme des politiciens, des exilés, des personnes ayant eu jadis leurs entrées au palais présidentiel, comme des cuisiniers, des serviteurs, des amis de la famille et des ministres du gouvernement Hussein.
À cela s’est ajouté le regroupement de photos et de vidéos abandonnés par la famille ou ayant servi à de la propagande, ainsi que de documents qui ont émergé après la chute du régime connu pour son culte du secret et sa lourde bureaucratie.
L’équipe a visiblement fait ses devoirs. La maison de Saddam ne joue pas avec les faits historiques. La série nous fait même découvrir un pan caché des événements, dont certains avaient échappé aux médias.
Toutefois, la production reste une Å“uvre de fiction, romancée, certes, mais qui ne tombe pas dans le mélodrame, du moins pas dans la première heure de la minisérie qui a été présentée hier aux médias.
Pari relevé
C’est que le pari était risqué. S’attaquer à la vie d’un homme qui a tout fait pour obtenir et garder le pouvoir dans son pays – sans hésiter à tuer ses plus proches conseillers, des membres de sa famille, des milliers de résistants, et à engager deux guerres – était assez délicat. Surtout que les événements traités sont encore récents et que le public ne peut pas s’identifier à un personnage de la sorte.
Les créateurs de La maison de Saddam ont pourtant relevé le défi en rendant toute la cruauté du personnage, mais aussi sa dimension humaine. Car oui, Saddam Hussein a commis des atrocités, mais c’était aussi un père de famille et un homme – on l’apprend dans la minisérie – qui a été battu par son beau-père et dont la mère exerçait une grande influence sur lui. L’histoire du politicien ne suscite néanmoins aucune pitié, elle montre seulement au grand jour le vrai visage de la soif du pouvoir et ses sombres conséquences.
Ce qui participe au succès de l’entreprise est sans contredit le grand talent des acteurs. Yigal Naor est tout à fait stupéfiant dans le rôle de Saddam Hussein. De plus, sa ressemblance avec le funeste personnage est frappante.
Le reste de la distribution – dont Said Taghmaoui dans le rôle de Barzan Ibrahim, le demi-frère du tyran – est aussi à la hauteur de ce qu’on attend d’un tel projet.
Avec cette minisérie, HBO offre une fois de plus une production audacieuse et fort bien réalisée.
La maison de Saddam
À Super Écran
Dès le 29 mars à 20 h