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Les souvenirs d'une grande dame

Steve Veale, Métro Toronto

Agnès Varda est reconnue comme étant la dernière grande figure du cinéma français de la Nouvelle Vague. Elle est adulée pour sa passion et son engagement, qui ont enrichi l’art cinématographique international avec des Å“uvres comme Vaga­bond, Cléo de 5 à 7, Jacquot de Nantes et Jane B. par Agnès V.

Malgré ses 80 ans, elle nous reçoit dans une chambre d’hôtel de Toronto pour discuter de son tout dernier film autobiographique, Les plages d’Agnès, et partager ses réflexions sur l’amour, la vie, l’engagement et le chaos. Le film raconte de façon lyrique les souvenirs qu’elle garde des plages qu’elle a fréquentées au cours de sa vie, dont les plages de Belgique, de Sète, de Los Angeles, de l’île de Noirmoutier et de Paris. Paris?   

«Pour justifier le titre du film, six camions pleins sont venus décharger du sable sur la rue Daguerre, entre mon domicile et la maison d’édition», raconte-t-elle.

Agnès Varda ajoute : «Nous réalisons des films pour montrer des émotions, pour montrer la vie. Le cinéma est un dénominateur commun exceptionnel. Même si ma vie amoureuse est différente, chaque personne peut s’y reconnaître à sa manière. Chacun a sa propre histoire.»

De fortes convictions

Agnès Varda a toujours fait preuve de fortes convictions et a joué un rôle de premier plan dans le mouvement féministe, pas seulement en France, mais aussi sur la scène internationale, par le biais de son engagement personnel et de ses films.

«La planète est en piteux état, confie-t-elle. Les nouvelles donnent seulement envie de se recoucher et de dormir. On ne change pas l’histoire du jour au lendemain.»

Malgré tout, Agnès Varda a persévéré au fil des ans («J’ai ma façon d’être courageuse et j’ai toujours cru que je pourrais faire comme mon frère.») et s’est intéressée au cinéma comme moyen d’exprimer «quel­que chose qui se rapporte à mon époque».

Elle ne visait pas le succès : «Je ne voulais pas faire carrière dans le cinéma. J’ai toujours attendu que cha­que film me parle.»

Un long tournage

Le tournage des Plages d’Agnès a duré 18 mois. «Le film avait sa propre façon organique de se développer, précise-t-elle. Et je n’arrêtais pas de voir des images que je voulais intégrer sous for­me d’allégories.»

Elle raconte avec honnêteté sa vie, son mariage avec le cinéaste Jacques Demy (décédé en 1990) ainsi que son parcours dans le monde cinématographique.

De plus, la réalisatrice pratique l’autodérision dans Les plages d’Agnès en incluant une séquence dans laquelle elle prend l’une de ses créations (de son propre aveu, «un échec retentissant») et tapisse toute sa demeure de celluloïd.

«Ma maison est en film cinématographique, dit-elle. Je me suis fabriqué une maison avec ce que j’aime le plus au monde.»

Les plages d’Agnès
En salle dès aujourd’hui

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