Le pied de nez de Coppola
Noir et blanc, Vincent Gallo, production argentine… Le dernier film de Francis Ford Coppola n’a, a priori, rien à voir avec les énormes Parrains ou Apocalypse Now. Le réalisateur américain offre, avec Tetro, un film d’auteur très personnel, sur la famille et ses relations difficile. Pas vraiment le blockbuster sanguinolent qui ravit producteurs et qui attire les foules.
«Peu importe, lance un Coppola jovial sous son chapeau de paille qui le protège du soleil de la Croisette, j’ai fait le film dont j’avais envie, autofinancé, sans me soucier des desiderata de chacun.»
Car le bonhomme n’a rien perdu de son caractère bien trempé. Que le Festival de Cannes lui propose un «hors compétition» pour la simple raison qu’il n’a pas terminé le film, et voilà notre bi-palmé qui claque la porte et fonce tout droit chez les voisins de la Quinzaine des réalisateurs, habitués des films plus intimistes…
Il y avait donc du monde hier matin pour la première projection cannoise. «Je ne me voyait pas faire une montée des marches en smoking et en fanfare pour un film comme celui-ci, la quinzaine convient mieux», explique-t-il à ceux qui ont fait le déplacement.
Malgré une affiche et un titre peu aguicheur, Tetro fait pourtant partie des réussites de ce début de quinzaine cannoise. Peut être parce que Coppola, dont le père et l’oncle étaient chefs d’orchestre comme le Vincent Gallo du film, a mis toute sa sincérité dans cette Å“uvre. «Rien de ce qui se passe dans ce film n’a vraiment eu lieu, mais tout est vrai», conclue-t-il énigmatique.