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Comme un rayon de soleil

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Quand on fait la rencontre de Lights, on se rend vite compte qu’elle porte bien son nom. La jeune chanteuse canadienne est lumineuse, souriante et enjouée. C’est un vrai petit rayon de soleil de 22 ans.

Les yeux de celle qui lançait cette semaine son premier album, The Liste­ning, deviennent d’ailleurs brillants quand on lui parle de sa première offrande à saveur électro-pop-new-wave, dont les chansons Drive my Soul et February Air tournent à la radio depuis un petit mo­ment déjà.

«Quand j’y pense, j’ai une boule dans l’estomac. Il y a toute ma vie dans cet album, et maintenant qu’il sort, c’est bizarre, confie-t-elle, attablée dans un resto-bar du centre-ville. Je me sens comme une artiste légitime maintenant.»

Même si elle n’est qu’au début de la vingtaine, Valerie Poxleitner, qui a fait changer son nom pour Lights, fait de la musique depuis qu’elle a 11 ans, âge vénérable auquel elle a reçu sa première guitare.

L’auteure, compositrice et interprète est née à Timmins, en Ontario, «la ville où a grandi Shania Twain!», pour ensuite démé­nager 26 fois, de Vancouver à Toronto, où elle vit maintenant, en passant par la Jamaïque et les Philippines.

«J’ai beaucoup bougé, mais ça m’a préparée pour la vie de tournée, dit cette fille de parents missionnaires. J’ai toujours vécu dans mes valises, alors ça m’a appris à ne pas trop attacher d’importance aux cho­ses. La façon dont j’ai été élevée n’aurait pas pu mieux me préparer à ma carrière.»

À 11 ans, après avoir appris quelques accords, Lights se sent prête à écrire sa première chanson. Ne sachant trop comment s’y prendre pour la composer, elle va voir sa mère avec la Bible et lui demande de choisir au hasard un des 150 Psaumes, qu’elle pense être de bons modèles. Celle-ci choisit le numéro 5, et Lights s’en inspire pour faire sa première chanson.

«J’ai pris la Bible comme guide parce que c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit», se souvient-elle.

La jeune femme a ensuite laissé les écrits religieux pour composer ses propres textes. Après avoir découvert Björk et compris qu’une chanson n’avait pas besoin des instruments de base (guitare, basse, batterie), Lights a acquis un synthétiseur et a commencé à expérimenter avec la panoplie de nouveaux sons que lui permettait de produire cet instrument.

«Le jour où j’ai découvert que je pouvais transposer mes émotions, pas seulement en paroles, mais aussi en musi­que avec une possibilité de sons infinie, ç’a été une révélation», dit-elle.

Du studio qu’elle a aménagé dans sa chambre (en dessous de son lit à deux étages), Lights met, en 2006, quelques-unes de ses compositions sur sa page MySpace. Un an plus tard, la compagnie Old Navy les remarque et décide de les utiliser pour ses publicités. En 2009, c’est la consécration pour la jeune femme, qui remporte le Juno de la Nouvelle artiste de l’année.

Indépendante
Mais n’allez pas croire que, comme certaines jeunes artistes, le succès lui ait monté à la tête et qu’elle soit dorénavant entourée d’une grosse équipe qui contrôle le moindre de ses faits et gestes. Non, Lights est maîtresse de son image et de l’univers intergalactique qu’elle présente dans ses vidéoclips. Ceux-ci se déroulent presque tous dans l’espace et l’animation y est très présente.

«Je trouve les concepts de mes vidéoclips, je trouve les vêtements que je porte, et aussi longtemps que j’aurai des idées, je ne veux pas que quelqu’un s’en mêle, affirme-t-elle. Je suis moi-même et, jusqu’à présent, ça semble marcher. Cela prou­ve que tu n’as pas besoin de plein de gens autour de toi pour avoir du succès.»
 
The Listening
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