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Dan Bigras, câline de blues

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

«Câline de blues faut que je te jouse».

Dan Bigras aurait pu écrire ces paroles si Offen­bach ne l’avait pas fait.

C’est que le chanteur, qui a fait ses débuts dans les bars à chanter du blues à la fin des années 1970 avant d’être découvert par un certain Gerry Boulet au début des années 1980, a toujours été un fan du genre.

Et aujourd’hui, il se fait plaisir en sortant l’album Bigras Fan qui contient des pièces qu’il a étrennées dans les bars telles que Hit the Road Jack, Puttin’ on the Ritz et bien sûr Câline de Blues, ainsi que deux compositions. Des chansons qu’il n’avait jusqu’à tout récemment jamais enregistrées.

«Le blues fait partie de moi, tout comme la chanson française, dont ma mère était fan et à laquelle j’ai rendu hommage sur mon album Les Immor­telles en 1993, souligne Dan Bigras. À l’époque où je jouais dans les bars, c’était un rêve pour moi de faire un album, mais je ne pouvais pas parce que je n’écrivais pas mes chansons. Mais si un millionnaire m’avait dit : « On te paye un disque de reprises de chansons blues », je l’aurais fait volontiers.»

Non, celui qui continue de se promener en province avec son spectacle Dan et une blonde n’est pas millionnaire, mais il est maintenant son propre producteur. Sur Bigras Fan, il est aussi réalisateur, arrangeur, ingénieur à la prise de son, pianiste, claviériste, batteur, percussionniste, bassiste et saxophoniste. Dan Mongrain est à la guitare et le Mon­treal All City Big Band se charge des cuivres.

«J’ai joué 75% des instruments sur l’album!» notet-il.  

En studio

«Anyway, les femmes sont jalouses du blues.» 

Ça aussi Dan Bigras aurait pu l’écrire, car il a passé ses vacances estivales dans son studio personnel à peaufiner son album au lieu de se reposer, au grand dam de sa copine!

«J’avais un rêve quand je jouais dans les bars, c’était d’avoir un jour mon propre studio, explique-t-il. Mais maintenant que ce rêve est réalisé et que mon studio est la plus grande pièce de ma maison, c’est devenu un problème! J’ai même une table de pool dans mon studio! Je suis toujours dedans, je me lève le matin, j’ouvre mes machines. Cet été, fallait que ma blonde me sorte de là de force pour aller manger!»

Celui qui joue cette fois-ci les interprètes ne s’en cache pas, il est légèrement workalcoolic. Le travail, c’est sa drogue à lui.

«Je suis sorti de la réalisation de mon album ben heureux, mais très fatigué, avoue-t-il. C’est ça le problème quand on aime ce qu’on fait. On se donne corps et âme en oubliant de se reposer. On ressort de nos projets avec un burn-out, mais avec un grand sourire!»

Le repos n’est donc pas à l’horaire de Dan Bigras pour les prochains mois.

Il travaille présentement à la préparation d’un nouveau spectacle inspiré de son album et celui-ci devrait prendre la route quelque part cet hiver.

Bigras Fan
Présentement en magasin


Pochette vivante

C’est Dan Bigras qui a conçu la pochette de son album. Un homme et une femme nus y forment avec leur corps les lettres du titre, Bigras Fan. «Mes tout nus, ça c’est mon idée!, dit-il. La jeune femme haïtienne, Kimberly Nepveu, est une de mes amis et Enock Turcotte est un ami de ma blonde qui est danseuse.»

Prochain film

Dan Bigras est présentement en train d’écrire un nouveau scénario de film, après nous avoir donné La rage de l’ange en 2006 et le documentaire Le ring intérieur en 2002. «Je ne sais pas s’il va être tourné, parce que c’est dur de se faire financer, mais il va être écrit au moins, souligne-t-il. Ça va être un film de « peur », assez violent!»

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