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L’humour noir en vedette dans le film Le grand soir

Photo: Funfilm

Le duo Benoît Delépine et Gustave Kervern est de retour sur les écrans avec son nouveau film, Le grand soir, primé au festival de Cannes.

«On s’éclate à faire des films tous les deux!» Benoît Delépine et Gustave Kervern ont imposé leur empreinte dans le paysage cinématographique français depuis Aaltra en 2004. Après avoir offert un rôle culte de chômeur en quête de papelards à Gérard Depardieu dans Mammuth, ces drôles d’oiseaux à l’humour tranchant ont jeté leur dévolu sur Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel pour tenir les premiers de leur nouveau délire poético-trash, Le grand soir.

«Nous voulions dresser le portrait d’un Diogène moderne, explique Delépine. L’histoire d’un punk à chien qui dit la vérité aux gens et les fait chier. Et on a pensé à Poelvoorde pour ça!» Un rôle que le comédien belge n’a pas hésité à accepter, surtout en apprenant qu’il aurait pour partenaire Albert Dupontel dans la peau de son frangin, employé largué d’une literie bordelaise. «Ils cultivent le même goût pour l’humour noir et étaient faits pour se croiser sur grand écran», poursuit Kervern. Une rencontre électrique, prétexte à un conte social drolatique qui a décroché le Prix spécial du jury – Un certain regard, au printemps, à Cannes.

«Les personnages lisses nous intéressent peu», insiste Kervern, habitué à mettre en scène avec tendresse des êtres mis sur le banc d’une société implacable. «Dans la vie, nous sommes attirés humainement par ce type de personne, précise Delépine. Dès qu’on est tous les deux dans une ville, on finit toujours dans le bar le plus cabossé avec les gens les plus dingos. On écrit souvent des histoires en pensant à eux et on va jusqu’à garder leurs coordonnées quand on les trouve intéressants».

Généreux, humaniste à sa manière Le grand soir se double d’une critique acerbe du capitalisme dévorant.
Kervern/Delépine cinéastes militants ? «Juste un peu, tempère le premier. Il n’y a pas vraiment de morale dans nos histoires, même si on y montre les dérives de la société de consommation.» «Disons que les frangins du Grand soir se libèrent dans une révolution par l’amitié et l’humour», conclut le second. Pour notre plus grand plaisir.

Le grand soir
En salle vendredi

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