Le code a changé: L'apologie du mensonge
Le film choral a la cote chez de nombreux cinéastes, de Quentin Tarantino à Cédric Klapisch, en passant par Danièle Thompson. Ses précédents longs métrages (La bûche, Décalage horaire, Fauteuils d’orchestre) ont tous emprunté cette voie et il en va de même pour son plus récent film Le code a changé.
«C’est une sorte de plaisir de raconter plusieurs histoires à la fois, a déclaré la cinéaste lors de son passage à Montréal dans le cadre du Festival des films du monde. La difficulté du film choral, c’est que chaque personnage ait son identité, son histoire. »
Des destins, il y en a une dizaine, ceux d’hommes et des femmes se réunissent autour d’un repas pour discuter de leur existence. Au menu : la présence de Dany Boon, Karin Viard, Patrick Bruel, Emmanuelle Seigner, Patrick Chesnais et Pierre Arditi!
Faire concorder les horaires de tout le monde pendant plusieurs semaines de tournage s’avérait ardu. Il était surtout important de ne pas négliger ces nombreux rôles.
«C’est une des choses à quoi il faut faire attention, révèle la fille de Gérard Oury, qui a co-scénarisé avec son père La grande vadrouille et Les aventures de Rabbi Jacob. Sinon, les acteurs se disent que ce sont les autres qui ont le bon rôle et le spectateur ne se lie pas d’une relation forte avec le personnage.»
Lucidité ou cynisme?
Pour cette quatrième réalisation, toujours écrite en collaboration avec son fils Christopher, Danièle Thompson continue de traiter du mensonge, qui semble cimenter les individus.
«La vérité peut être extrêmement explosive, méchante et destructrice, note-t-elle. Les couples qui sont ensemble pendant toute une vie, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des tentations, des faiblesses, des conflits. Et c’est souvent sauvé par le fait que ce qui est pire, c’est dire à quelqu’un : « Je ne t’aime plus, je m’en vais. » Quand on ment, on protège l’autre. Mais au moment où on ne ment plus, c’est fini. D’une certaine manière, oui, c’est une apologie du mensonge.»
Ce constat n’est cependant pas irrévocable.
«Quelquefois, une séparation, c’est mieux, ajoute la réalisatrice. Il y a des gens qui font un bout de chemin ensemble et il vaut mieux partir. Ça aussi, c’est une vérité qui est difficile à admettre, mais c’est une vérité. J’ai voulu faire un film non pas cynique, mais très lucide.»
Par ailleurs, la metteure en scène a structuré son récit en s’intéressant à des êtres qui peuvent encore tout recommencer.
«Quarante ans, c’est vache, s’exclame celle qui a longtemps écrit pour Patrice Chéreau. C’est un âge où on est encore beau, où on est encore séduisant. Quelquefois on a 15 ou 20 ans dans les pattes avec quelqu’un, des enfants, alors tout est encore possible. C’est le moment où on peut encore se poser des questions, parce que la vie demeure encore ouverte…»
Le code a changé
En salle aujourd’hui