Une «chaîne humaine» se prépare contre le projet de loi sur la laïcité à Montréal
Un collectif appuyé par des organismes et des élus politiques organise dimanche prochain une «chaîne humaine» tout près de la station de métro Champ-de-Mars, afin de s’opposer au projet de loi sur la laïcité de l’État de la Coalition avenir Québec (CAQ) qu’il juge «discriminatoire» et inégalitaire.
«On va entourer le palais de justice. Pour nous […], c’est une façon de dire qu’on protègera toujours les minorités», explique à Métro l’un des porte-paroles la Coalition inclusion Québec, Michel Seymour.
Celui qui est aussi philosophe de profession estime que le projet de loi «n’est pas neutre» de par le fait qu’il «défavorise surtout les personnes appartenant à ces minorités visibles».
«Défavorisé, c’est un mot faible. On parle de carrières qui vont s’interrompre, de diplômés qui vont devoir s’interroger sur leur avenir.» -Michel Seymour, porte-parole de la Coalition inclusion Québec
Pour certains, dit-il, ce qui peut paraître «comme un compromis» est en réalité une profonde injustice. «On est en train de discriminer un seul groupe. C’est très grave», ajoute-t-il.
D’après son groupe – qui invite le public à se joindre à sa manifestation dimanche prochain –le projet de loi 21 «créera une inégalité entre les travailleuses et les travailleurs».
L’enseignante et porte-parole du Comité pour le droit d’enseigner, Bochra Chelbi, abonde dans le même sens. Elle affirme que les chances d’opportunité entre les sexes changeront. «Si la loi est adoptée, je ne serai plus égale à mes collègues hommes, parce qu’eux contrairement à moi, ils pourront obtenir des postes de direction», tranche-t-elle, condamnant un retour en arrière sur les libertés fondamentales.
Sentiment «antireligieux»
Michel Seymour estime que «le sentiment antireligieux très fort dans la population» ne peut justifier un tel projet de loi. «L’État, s’il veut devenir laïc, doit demeurer neutre par rapport aux religions. Il ne peut pas trancher pour ou contre l’une d’elles, ni pour ou contre les athées ou les croyants», observe-t-il.
Même son de cloche pour l’avocate Coline Bellefleur, pour qui «il est plus important que jamais de se mobiliser pour réaffirmer que la neutralité de l’État exige que celui-ci protège la liberté de tous», sans discrimination qui soit «fondée sur la religion».
D’après le collectif, plusieurs groupes de différents horizons se joindront à la manifestation dimanche. «On a surtout voulu faire venir des gens de différents milieux pour montrer la variété des personnes qui s’opposent au projet de loi», dit Michel Seymour.
Avocats, enseignants, fonctionnaires de la société civile ou encore élus provinciaux et municipaux ; la Coalition inclusion Québec promet un «melting-pot» complet d’opinions et de points de vue.
Chaque manifestant portera un ruban blanc en symbole de la paix, lors du rassemblement. Une autre manifestation contre le projet de loi 21 aura lieu le même jour à Gatineau, à l’initiative du groupe citoyen Droits diversité dialogue (DDD).