Moi non plus quand je prends le métro je ne t’aperçois pas, ni dans ma rue, ni dans mon quartier, ni dans mon autobus… Pourtant je suis persuadée de te connaître, et je suis sûre que tu me reconnaîtrais… Moi aussi j’aimerais beaucoup te croiser parmi tous ces visages tourmentés et me laisserais capturer volontiers…
En effet nous ne fréquentons pas le même quartier et n’avons probablement pas les mêmes horaires. Quand je pars au travail, les autres rentrent chez eux. J’aime cette sensation, cette vie en décalage car elle me donne l’impression que je ne vais pas tout à fait travailler mais que je suis une évadée. De retour à la nuit tombée, accrochée à ma musique adorée, j’adore avoir cette sensation que la ville m’appartient, juste à moi qui arpente les rues à une heure avancée. Oui parce que je ne suis pas comme tout le monde mais ça tu le savais déjà…
Ce que tu es c’est un peu qui je suis. Avoir pris le risque de quitter une vie qui n’était pas la mienne pour enfin commencer à vivre celle qui me convient. Je n’ai pas été raisonnable car je voulais me retrouver, vivre et m’émerveiller. Oui parce que quand la neige recommence à tomber même un 12 avril, quand les autres pestent et se démoralisent, mes yeux à moi brillent et s’émerveillent de cette petite magie blanche. Le nez en l’air je souris et traîne des pieds… Jamais je ne pourrais m’en lasser…
Toi tu proposes de partager des Haribo (mes préférées ce sont les Dragibus fushias mais on peut toujours s’arranger si tu sais sur quelle corde jouer), moi je te propose des après-midi pâte à modeler. Un cuisinier-pâtissier du quotidien? Partageons alors nos recettes pour que la vie ait un goût unique et que chaque jour soit un menu différent et cuisinons à deux, parce que, à deux, c’est mieux… Mais gare à ton chocolat viennois parce que je suis une voleuse de Chantilly, tu sais quand avec un regard facétieux je t’en vole un morceaux avec le doigt à ton insu et que mon regard d’enfant coupable me trahit. Mais tu me pardonnes toujours parce que tu ne peux résister à cette petite moue enfantine et ces yeux qui disent « c’est pas moi promis ».
Nous avons la verve en commun, ce qui semble chouette au premier abord mais qui peut devenir un enfer quand à 2h du matin je te demande quelle chanson tu veux que je chante et que j’y mets tout mon cœur ou bien que je te demande de me raconter une histoire pour m’endormir. (Mais ça tu sembles déjà parfaitement bien le maîtriser alors il semblerait que ce ne soit pas un problème).
Tu seras mon meilleur public concernant mes blagues pourries à deux balles (au passage c’est flip flap la girafe ;o) ) et me défieras en joutes du jeu de mot le plus capilotracté du monde mais je te laisserai gagner parce que tu as ce charme fou quand tu es fier de ta blague comme un enfant qui est fier d’avoir fait rire la galerie.
Seule ombre au tableau : je me maquille, non pas pour me cacher mais parce que j’aime la couleur, je suis une fille colorée. Avec un peu de chance tu me pardonneras cette entorse à ton idéal et tes lèvres ne se sentiront donc pas tant offusquées…
Avec moi tu aimeras les phrases qui commencent par : Je ne sais pas, peut-être, on verra, il faut que je réfléchisse parce que je ne sais pas si tu me liras, peut-être que tu aimeras ce que tu liras, on verra si tu me répondras mais pour ça il faut que je réfléchisse pour te montrer qui je suis…
Si tu me croises je suis sans cesse en train d’écouter de la musique avec mes écouteurs violets, je chante sans cesse, fredonne, chante en yaourt sans vergogne et rend fou mon voisin dans l’avion quand je rentre rendre visite à ma famille de l’autre côté de la flaque…
Des carambars j’en achète chaque semaine à la fromagerie Beaubien même si je trouve que leurs blagues ne sont même plus drôles et qu’elles étaient mieux avant, tout comme les œufs kinder qui sont devenus insipides tant ils sont trop faciles à ouvrir et qu’il n’y a plus rien à construire.
Je t’avoue que je ne suis pas trop tarte aux pommes mais plutôt mousse au chocolat. Je t’autoriserai à « nicher » le saladier et la cuillère (oui chez moi on dit « nicher ») parce que j’adore voir tes yeux briller quand je me mets à cuisiner.
C’est drôle que tu parles de craies de couleurs car j’en acheté justement des géantes au Dollarama cet après-midi avec une amie en prévision de dimanches animés (en plus de la pâte à modeler).
Avec toi je me laisserai embarquer dans toutes les aventures et les tribulations, à la conquête d’autres contrées et nations. J’aurais un peu peur mais avec toi je me sentirai rassurée et à notre retour nous resterons des jours enfermés, juste toi et moi, égoïstement pour nous retrouver.
Grâce à toi j’apprendrai à m’aimer, à me laisser photographier, mais plus que ça, à voir qui je suis pour de vrai.
J’adorerai poser ma tête sur ton bras sur le canapé ou dans l’herbe dans un parc en été. (Tu pourras passer ta main dans mes cheveux autant que tu veux, car même si j’aime m’apprêter, ce que j’aime encore plus c’est me sentir aimée).
Je suis prête à ce que nous fassions tout et n’importe quoi parce que même si c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui, si nous avons la chance d’avoir cette vie alors il pourra bien nous arriver n’importe quoi…