Le REM en panne 1 jour sur 2 en juin
Le Réseau express métropolitain (REM) a connu 17 interruptions de service ou ralentissements de service en juin, selon un décompte effectué par Métro. Un bilan encore pire que la vague de pannes qui avaient mené au retour des autobus en janvier.
Jeudi, les usagers du REM ont dû composer avec une longue interruption de service qui a duré tout le matin. Entre 6h et 12h40, il n’y avait aucun service entre les stations McGill et Côte-de-Liesse, puis entre Canora et Côte-de-Liesse.
Un malheur qui est survenu après un mois de juin où le nombre de pannes a dépassé les pires bilans hivernaux. Pourtant, il n’y avait pas de glace pour affecter les rails ou la caténaire.
En étirant la période d’étude du 18 mai – date d’inauguration de l’antenne Anse-à-l’Orme – jusqu’au 2 juillet, on compte un total de 24 interruptions ou ralentissements de service. Sept de ces problèmes sont survenus sur l’antenne Anse-à-l’Orme. La majorité des interruptions ont toutefois affecté l’antenne Deux-Montagnes, inaugurée en novembre.
L’opérateur du REM, Pulsar, dénombre 22 interruptions de service de plus de 20 minutes, dont quatre pannes affectant l’antenne Anse-à-l’Orme.
Pulsar affirme déployer des efforts pour assurer un service aussi efficace que possible.
«Du 18 mai au 2 juillet, le REM a été en opération durant un total de plus de 3600 heures. Si on compare aux heures d’interruption de service, le REM fonctionne bien 98% du temps», affirme Maxime Laliberté, conseiller en relations médias pour Pulsar.
Pourquoi tant d’interruptions en été?
Depuis l’inauguration du REM, les rigueurs de l’hiver sont souvent blâmées pour les interruptions de service. Les trains, fabriqués en Inde par Alstom, sont souvent pointés du doigt.
Cette fois-ci, même en fin de printemps et en début d’été, les trains ne semblent pas fournir à la demande. Sur les 24 pannes et ralentissements de service calculés par Métro, 8 sont dus à un problème de matériel roulant.
Une des interruptions est due à des travaux d’urgence. Celle de jeudi provient d’un «problème sur voie». Un autre n’a pas de cause précisée.
Quant au réseau lui-même, les problèmes techniques divers sont responsables de 7 interruptions ou ralentissements. De ce nombre, on note pas moins de trois problèmes d’alimentation électrique. Dans un épisode inusité le 3 juin, Pulsar a blâmé la rosée du matin pour une interruption, avant de se raviser.
Métro a demandé une entrevue avec le nouveau directeur général de Pulsar, Jérôme Berthonneau, pour savoir ce qui se passait. M. Berthonneau n’était pas disponible.
«Lors d’interruption de service, notre objectif demeure de réduire le plus possible les impacts sur les usagers et de communiquer avec rapidité et transparence. Nous analysons chaque incident en profondeur pour nous assurer de mettre en place les mesures nécessaires afin de réduire au minimum le nombre et la durée des perturbations», affirme le relationniste Maxime Laliberté.
«Nos équipes s’améliorent de jour en jour avec l’engagement d’améliorer continuellement le service», poursuit-il.
Usagers à bout
Chose certaine, l’augmentation des pannes n’est pas passée inaperçue parmi les usagers du REM.
«On est l’été, il fait soleil, ils ont fait de la maintenance hier pour régler les problèmes et on pogne une panne majeure qui a été la plus longue depuis la mise en service du REM sur la ligne Deux-Montagnes soit depuis le 15 novembre 2025. Même cet hiver, la plus longue interruption de service avait duré moins que ça. […] Plus ça va, pire c’est», affirme un internaute sur la page Facebook REM – Questions & Expérience voyageur.
«Depuis l’ouverture du REM en 2023, on a appris à profiter d’un petit répit lorsque les mois d’hiver étaient derrière nous. Moins de pannes, et lorsqu’il y en avait elles étaient au moins plus courtes. Cette fois-ci, en 2026, ce genre d’accalmie n’existe visiblement plus. Les pannes sont peut-être plus courtes qu’en hiver, mais il y en a tellement que le niveau d’écoeurement est à la hausse encore. Avec un nombre plus élevé de stations, presque à chaque jour le REM vient gâcher la journée de milliers d’usagers», affirme un autre internaute.
L’hiver dernier, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a offert le transport en REM gratuitement pour contrebalancer les nombreuses pannes.