Mises en chantiers de logements – Le Canada recule en juin, Montréal résiste
La métropole continue d’éviter la tendance baissière du marché immobilier affichée ailleurs au Canada. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a publié mercredi ses données sur les mises en chantier pour le mois de juin 2026, et Montréal affiche une faible croissance annuelle, alors qu’ailleurs les résultats sont plus souvent négatifs.
Pour l’ensemble du Canada, le tableau d’ensemble est sans équivoque: le nombre réel mensuel de mises en chantier a diminué de 13% d’une année à l’autre dans les centres de 10 000 habitants ou plus, passant de 23 292 en juin 2025 à 20 265 en juin 2026. La tendance sur six mois a pour sa part reculé de 2,8% par rapport à mai, pour s’établir à 248 123.
«Au premier semestre, le rythme des mises en chantier d’habitations au Canada a ralenti par rapport à l’an dernier», a déclaré Kevin Hughes, économiste en chef adjoint à la SCHL. Il attribue ce recul à «l’incertitude croissante, à la hausse des coûts d’aménagement, à la diminution de la demande et à l’augmentation du nombre de logements invendus». La SCHL prévoit que ce contexte continuera de freiner la construction résidentielle à court et à moyen terme.
Croissance à Montréal
Dans ce portrait national en repli, Montréal se distingue nettement. La métropole a enregistré une hausse de 10% du nombre réel de mises en chantier en juin par rapport au même mois en 2025, passant de 2729 à 3005 unités. Cette performance — la meilleure parmi les trois plus grandes régions métropolitaines du pays — s’explique principalement par une augmentation des mises en chantier de logements collectifs, qui ont progressé de 11% sur un an pour atteindre 2854 unités.
Sur une base cumulative, Montréal maintient également le cap. Pour les six premiers mois de 2026, le total des mises en chantier dans la région métropolitaine s’établit à 13 407 unités, en hausse de 6% par rapport à la même période en 2025. Les maisons individuelles sont demeurées stables à 616 unités, pendant que les logements collectifs ont progressé de 6% pour atteindre 12 791 unités.
Cette vigueur montréalaise contraste avec la situation à Toronto et Vancouver. Si Toronto a également affiché une hausse en juin — 25% de mises en chantier supplémentaires, tirée par les logements collectifs —, Vancouver a pour sa part subi une chute brutale de 35%, en raison d’un recul généralisé dans les segments des logements collectifs et des maisons individuelles.
Le Québec, province en léger gain
À l’échelle provinciale, le Québec affiche une des meilleures performances du pays. Le cumul des mises en chantier pour les six premiers mois de 2026 s’établit à 26 324 unités, en hausse de 2% par rapport à la même période en 2025. C’est l’une des rares provinces à afficher une progression, aux côtés de l’Ontario (+14%), du Manitoba et de la Saskatchewan. En revanche, l’Alberta (-21%), la Colombie-Britannique (-2%) et les provinces atlantiques (-11%) ont toutes reculé.
Comparativement à juin 2025, le mois de juin 2026 affiche tout de même une légère diminution au Québec (-2%).
La Ville de Québec affiche la tendance contraire à la métropole. Les mises en chantier au premier semestre ont diminué de 12% par rapport à 2025, passant de 4798 à 4230 unités, tirées vers le bas par un recul de 14% dans le segment des logements collectifs. En comparant seulement les mois de juin 2025 et juin 2026, la diminution est de 11%.
Cette diminution des mises en chantier survient alors que la Capitale nationale vient tout juste ralentir la croissance fulgurante des prix des derniers mois. Selon les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), l’offre de logements demeure toutefois très faible à Québec.
Dans les villes québécoises de taille moyenne, les résultats sont plus variables. Sherbrooke a enregistré une hausse de 42% de ses mises en chantier au premier semestre, passant de 812 à 1154 unités — un bond significatif qui reflète l’afflux d’acheteurs en provenance de Montréal documenté par Royal LePage dans son rapport de juin sur les villes les plus abordables du Canada. Trois-Rivières a pour sa part reculé de 16% à 602 unités, tandis que Saguenay a bondi de 104% grâce à une forte progression des logements collectifs.
Un marché immobilier qui se rééquilibre
Depuis plus d’un an, le Québec et ses deux plus grandes villes sont en retard sur le ralentissement immobilier affiché ailleurs au Canada. Non seulement les mises en marché sont plus stables, mais la correction des prix n’a pas encore eu lieu.
Selon les données de Royal LePage publiées en début de semaine, le prix de l’agrégat d’une propriété dans la province a progressé de 3,8% sur un an au deuxième trimestre pour atteindre 487 500$. La prudence des acheteurs s’est accentuée, les surenchères ont diminué et les annulations après inspection ont augmenté.
Selon les données de l’APCIQ, le marché immobilier du Grand Montréal se stabilise. Les ventes diminuent et l’inventaire de propriétés à vendre est revenu aux niveaux prépandémiques. La demande forte empêche toutefois la correction importante des prix qu’on a vue dans d’autres marchés.
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