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Élections – Que disent les partis à propos du gaz de schiste?

Un puits de forage de gaz de schiste
Un puits de forage de gaz de schiste Photo: Archives Métro
Maïté Paradis - Collaboration spéciale

Le dossier du gaz de schiste semblait clos depuis des années, mais il refait surface dans le cadre des élections provinciales. Le chef conservateur Éric Duhaime compte obtenir «l’acceptabilité sociale» pour relancer cette industrie, et prévoit déjà en soutirer des retombées économiques importantes. Qu’en pensent l’ensemble des partis? Métro s’est penché sur la question.

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) est revenu sur son ouverture à l’exploitation des gaz de schiste en entrevue à Radio-Canada mercredi. En début de campagne, Duhaime s’est engagé à lever l’interdiction d’exploitation des hydrocarbures au Québec et à «permettre l’exploitation responsable» du schiste d’Utica, une formation schisteuse située dans la vallée du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec.

Le chef conservateur voudrait déléguer aux municipalités la responsabilité d’obtenir l’acceptabilité sociale. «Je pense qu’il faut que ce soit au niveau local, a-t-il indiqué mercredi. On va laisser les municipalités, les communautés, les MRC décider de leur processus de consultation démocratique.»

Interpellé au sujet des vives contestations qui avaient eu lieu en 2010 autour de l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, M. Duhaime a répondu que l’évolution de la technologie et la guerre commerciale avec les États-Unis feraient en sorte que les Québécois soient maintenant «majoritairement en faveur».

Le cadre financier du PCQ compte d’ailleurs sur des revenus anticipés de 758 M$ sur cinq ans découlant de l’exploitation du schiste d’Utica. Quant à l’acceptabilité sociale, M. Duhaime affirme que la population sera favorable à ce projet lorsqu’elle verra les gains financiers à exploiter.

La CAQ et le PLQ récalcitrants

L’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures a été adoptée sous le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2022. N’empêche, la cheffe Christine Fréchette a laissé entendre qu’elle était ouverte à étudier le dossier. De passage à Radio-Canada mercredi, la cheffe caquiste a réaffirmé son intention de «faire des coups de sonde, prendre le pouls des Québécois.»

«Il y a des manières [de mesurer l’acceptabilité sociale]», dit-elle.

Du côté des libéraux, le chef Charles Milliard affirme que la relance de cette industrie n’est pas une «priorité» compte tenu de l’avancement technologique dans d’autres secteurs énergétiques et du sentiment des Québécois sur le dossier. Il nuance toutefois: «je ne dis jamais dans la vie que je suis fermé totalement.»

QS et le PQ contestent

Tous les partis ne sont pas de cet avis. La co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, s’inquiète des enjeux environnementaux qui pourraient découler de cette filière. 

«Il n’y a pas un été où on n’a pas un ciel rouge au Québec à cause des feux de forêt, a-t-elle évoqué en août lors d’un point de presse à Gatineau. Il n’y a rien à faire dans le gaz de schiste, il faut arrêter de prendre du retard, de reculer. Ce qu’on veut, c’est avancer dans nos énergies propres.»

Pour le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, l’exploitation du gaz naturel ne fait pas partie de ses plans «à première vue». C’est davantage la santé des Québécois qui le préoccupe.

«Le critère qui guide le PQ, c’est la protection de la santé de la population, a-t-il indiqué. À chaque fois que la qualité de l’eau que les gens boivent ou que la protection de nos cours d’eau […] peut être mise en péril, nous, on va toujours protéger la santé de la population avant tout.»

St-Pierre Plamondon est aussi de l’avis que d’autres avenues peuvent être exploitées au lieu de se tourner vers cette énergie fossile. «On sait qu’on est assis sur des réserves d’hydroélectricité et d’énergie qui sont pas mal moins compliquées à mettre en œuvre que du fracking

Un processus d’interdiction étiré sur 12 ans

Rappelons que le débat sur le gaz de schiste a marqué les années 2010 au Québec avec de multiples mouvements sociaux s’opposant à l’exploitation de ce combustible fossile. Une première loi adoptée en 2011 a imposé un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Ce moratoire a mené à la Loi mettant fin à la recherche d’hydrocarbures ou de réservoirs souterrains, à la production d’hydrocarbures et à l’exploitation de la saumure, adoptée en 2022. Cette loi interdit toute exploitation gazière et pétrolière en sol québécois.

Le débat est revenu sur la table dans le contexte de la guerre tarifaire et celle au Moyen-Orient, qui a fait grimper le prix de l’essence. À noter que des entreprises d’exploitation gazière poursuivent le gouvernement du Québec en Cour supérieure pour 18 G$ en indemnisation, jugeant que la loi adoptée en 2022 était une expropriation déguisée.

En mars dernier, l’Assemblée nationale a adopté une motion, à l’initiative du Parti Québécois, rappelant que la recherche et la production d’hydrocarbures ne sont plus permises au Québec depuis quatre ans.

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